5.Vers l’Asie centrale. La traversée du Kazakhstan en selfies.

Du 3 au 12 mai 2026,  Temps orageux et chaud 15-28°, altitude 0 à 50 m,  8000 km parcourus.
Le Kazakhstan ; pour qui ? Pas pour les montagnards amoureux de solitude ! Mais si vous appréciez les grands espaces à perte de vue, les paysages où dominent des ciels changeants et magnifiques, les rencontres chaleureuses, vous allez adorer !



A Atyrau, petite ville au nord de la mer Caspienne, simple étape obligatoire sur la route, nous retrouvons Nicolas Steiner pour la soirée. Un voyageur parti pour 4 ans bien connu dans ce petit monde. Une église, une place aux proportions soviétiques avec ses statues de personnages illustres à la mine pas très aimables.

Nous vivons les premiers contacts avec les Kazakhs qui on toujours un mot de bienvenue et le téléphone à disposition pour faire des selfies avec « les français » ! Camionneurs, promeneurs de passage, gamins timides, étudiants, nous abordent. Tous sont ravis de voir des touristes.

Le pays est riche, pétrole oblige. Les villes sont bien entretenues, les bâtiments neufs ou en bon état, les véhicules, vitrine sociale, du dernier modèle. Tout le contraire de l’image que nous en avons à l’ouest.


Nous traversons la steppe, c’est plat…. c’est droit….. 2500 km, seuls les chevaux, chameaux en pleine mue, vaches et moutons rompent le ronron. Certaines tronçons sont excellents, d’autres désastreux avec des passages défoncés où l’on roulent au pas. Ça et là un village, identifié par son arche d’entrée, ou une station service permettent un bivouac. Les pluies sont orageuses et diluviennes transformant les villes et les parkings en bourbiers.

cimetière musulman

Puis un épisode riche en émotions oscillant entre découragements et euphories.

Chapitre 1 : ABATTEMENT,

La cause : La mécanique bien sûr !

Inquiétude : A Batoumi (Géorgie) un matin à froid, un drôle de claquement du moteur … qui disparaît à l’accélération. Serait-ce dû au mauvais carburant ? Le phénomène s’amplifie progressivement. Sans être catastrophistes, tout de même, un bruit comme ça, c’est préoccupant. On traverse les 700 km de la Russie.

Abattement : En arrivant à Aktobé (Kazakhstan) le claquement se produit aussi à chaud ! et parfois disparaît ! Un passage au garage s’impose. Ici point de Mercedes ! Il nous faut trouver un garagiste, … mais lequel ? Nous en choisissons un sur l’application IOVERLANDER. Arrivés au garage, comme par enchantement le bruit a disparu. Le diagnostic n’est donc pas possible.

Demi soulagement : Nous repartons, mais 20 km plus loin le bruit ré-apparait. Demi-tour et maintenant au garage moteur tournant le claquement est bien présent. Nous sommes pris en charge par 2 mécaniciens, qui cherchent et recherchent, du coté de la courroie et son environnement qui a déjà été changée avec les galets, lors d’un entretien précédent. Ils estiment que la pompe à eau doit être remplacée…

Inquiétude : Démontage de tout l’avant du moteur, calandre, par-choc, ventilateurs, radiateur, climatisation… un grand vide qui nous fait pâlir.

Soulagement: il faut trouver la pièce. La patronne fait des pieds et des mains, nous déniche la pièce et revient 2 h plus tard avec.

Découragement : le roulement d’un ventilateur est grippé; le risque de blocage est trop important, il faut le changer. Il est 17h. On verra demain.

Soulagement : Le lendemain la patronne arrive avec la pièce. Il faut tout remonter. Quelques heures de travail plus tard, je fais un essai sur route.

Abattement : le claquement est toujours là. Les 2 mécanos re-démontent ! Il considèrent cette fois que le tendeur de courroie est à changer. La patronne repart et revient avec la pièce, mais nous nous demandons jusqu’où allait nous mener ce jeu de démontage et changement de pièces. Remontage, rapide. Test, toujours les mêmes claquements.

Soulagement : Le mécano a l’idée de faire tourner le moteur en démontant la courroie. Miracle plus de bruit. Cette fois, c’est l’alternateur qui est mis en cause. Démontage, la patronne …. vous deviner la suite. 1h plus tard elle revient avec le même alternateur dont seule la poulie a été changée… Nous sommes dubitatifs. Remontage, démarrage, plus de claquement. Le test routier le confirme.

Soulagement, … modéré surtout devant l’addition (près de 600 euros!)

Nous remercions toute l’équipe et la patronne qui ont fait preuve d’obstination toujours avec le sourire.. Merci à google-traduc l’outil indispensable pour parler Russe…

chapitre 2 : L’ACCUEIL DES KASAKH EST SANS LIMITE

Il y a toujours des kazakhs qui passent et qui témoignent leur sympathie.

Deux adolescents ravis de voir l’intérieur du Cub, heureux de repartir avec des selfies, qui nous ramènent ensuite de l’ice-cream pour notre dessert !


Moult passants, étonnés des kilomètres parcourus depuis la France et toujours avides des selfies avec les Français !
Nous ressentons un accueil sincère et désintéressé. Même dans la rue les gens nous abordent avec bienveillance sans jamais être gênants, juste un petit bonjour, quelques mots de bienvenue et la question qui revient toujours :  Where do you come from » (d’où venez vous) un pouce levé, et puis s’en vont.

en compagnie de Zhambo

Mais que dire des deux soirées passées avec Zhambo, ses amis et sa famille !

Nous étions comme des âmes en peine dans le garage quand deux 2 hommes de passage viennent nous faire la causette en anglais. Ils nous proposent d’aller prendre un café puis l’un d’eux nous invite pour dîner et prendre une douche. Devant son insistance et sa sympathie, nous acceptons. Il vient nous chercher au garage et nous emmène chez ses parents. Surprise ! Toute la famille est là, les parents, la sœur, les oncles et tantes, les enfants ; nous étions au moins 12 à table et quelle table ! Garnie du plat traditionnel (le beshbarmak, sorte de pot au feu sur un lit de pâtes plates avec des légumes) et de toutes sortes de produits et préparations : salades, pâtisseries, confitures, fruits secs. Un festin. Nous pouvons échanger grâce à notre anglais sommaire et la sœur de Zahmbo, qui vit au USA. Elle est là de passage et traduit les échanges avec les autres convives. Ils ne souhaitent pas faire de photos de la famille.

Mais ce n’est pas tout ! Le lendemain Zahmbo repasse au garage. Il souhaite nous présenter sa femme, sa mère et ses 2 charmantes petites filles. Il nous invite ce soir, cette fois chez lui. Elle est médecin, lui chimiste dans le pétrole; ils ont un niveau de vie assez similaire aux européens. A nouveau un repas de fête. Ils insistent pour que nous repartions avec de la confiture de fruits rouges, des pâtisseries, des fruits et toutes sortes de douceurs.

En fin de soirée l’émotion est à son comble quand ils offrent à Hubert et Thierry, le chapeau traditionnel Kazakh en laine feutrée et brodée et à Alexandrine une magnifique tunique brodée.

Qui sommes nous pour eux ? Cette générosité gratuite nous interpelle sur notre mode de vie. Elle est tellement spontanée et pleine de bienveillance que nous sommes touchés au plus profond. Une expérience inoubliable. La panne nous aura permis de vivre ces moments forts.

La mer d’Aral est toujours démontée comme dirait Raymond Devos. La ville, endormie selon les guides, nous apparaît au contraire bien vivante, en pleine rénovation. Il n’y a plus d’épaves de bateaux, celles qui subsistent sont à plusieurs centaines de kilomètres. Le musée de la pêche est minuscule et le musée historique est démoli sous nos yeux. Quant à la gare réputée pour ses mosaïques, elle est en cours de rénovation. Bref, du lieu mythique il ne reste rien, que la catastrophe écologique et la mer vide à perte de vue. 
Entrée de ville à Aral
Une flaque d’eau à l’entrée de ce qui était le port.
Des étudiantes nous renseignent.
Leurs amis sont fiers des médailles gagnées ce jour là en course à pieds.
bivouacs au bord d’un lac non loin de la mer d’Aral

Les ruines de la ville de Sauran sont impressionnantes. Les remparts mesurent plus de 2 km de long, 15000 personnes vivaient ici entre le XIII et le XVIII siècle. C’était une ville marchande sur la route de la soie.

Bivouac devant la ville, avec le spectacle des longs trains de marchandises qui sillonnent la steppe.

43.51848, 67.77230

Dernière étape au Kazakhstan à Turkistan pour voir le mausolée d’un illustre personnage de l’Islam, Ahmed Yasawi. Un immense jardin très bien entretenu et abondamment arrosé, des centaines de milliers de fleurs et au milieu un énorme bâtiment du XIV en briques, décoré de faïences à la façon Timouride, surmonté de coupoles. C’est notre première visite d’un bâtiment de cette ampleur, ça décoiffe. L’intérieur visitable n’a pas d’intérêt, la zone religieuse n’est pas accessible.


A suivre en Ouzbékistan…

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