11. 11. Retour en Mauritanie, visite de l’est.


Dans l’espoir de poursuivre le voyage en Mauritanie avec Lyonnel et Francine, nous attendons avec eux le e-visa de Francine. Mais rien n’arrive … et de nombreux français sont dans la même situation, certains attendant depuis plus de 10 jours. Nous décidons donc de poursuivre seuls notre voyage et quittons nos amis qui en attendant vont faire du tourisme dans le nord du Sénégal.

Une belle épicerie, station service.

En empruntant la piste nord-ouest le long du fleuve, nous nous dirigeons vers la frontière. Coté Sénégalais l’affaire est expédiée en quelques minutes, mais côté Mauritanie c’est un véritable sketch. Les e.visas sont remis avec les passeports et la carte grise à un premier bureau. Après un long moment, le policier vérifie les documents et remplit un petit bordereau. Il transmet le tout au bureau d’à coté, probablement un chef, qui fait la sieste les pieds sur le bureau et manifeste ostensiblement son mécontentement d’être dérangé. Le chef rentre les informations sur l’ordinateur et sur un registre et tamponne les e.visas… mais pas les passeports… puis jette le petit bordereau (qui n’aura vécu que quelques instants et parcouru 5 mètres). Retour au premier bureau qui vérifie la vérification, tamponne les passeports et enregistre la carte grise sur un autre registre. Fin de l’opération à la police, nous passons maintenant à la douane. Le chef n’est pas pressé, il range devant nous, scrupuleusement mais lentement son bureau pourtant quasi vide, puis établit le « passavant » (sésame du véhicule) pour une durée de 10 jours alors qu’il est habituellement de 30 jours.

L’affluence à l’épicerie.

Ce n’est pas fini, un douanier effectue ensuite la fouille très méticuleuse du véhicule. Durant un plus d’un quart d’heure il examine à fond tous les placards, y compris le linge, étudie les étiquettes de toutes les conserves et bouteilles et s’interroge sur le flacon de détachant ! Maintenant les caisses à outils, tous les coffres, le plancher technique, les trappes… déçu de n’avoir pas trouvé la moindre bouteille d’alcool ou de pâté de porc, il repart sans le moindre mot! Enfin un dernier douanier nous ouvre la barrière en nous demandant si nous n’avons pas à lui donner un « petit kado ». Ouf !!!

Une autre épicerie de quartier

Nous enchaînons avec 50 km de piste + 200 km de route. La nuit tombe vite et nous surprend alors que nous abordons la banlieue de Nouakchott. Les encombrements dantesques d’un vendredi soir, les conducteurs excités, les véhicules sans lumière, les charrettes obscures, les voitures à contresens, les piétons au milieu de la voie et les travaux sur la plus grande artère qui nous obligent à nous fourvoyer dans les ruelles… 2 heures d’un stress intense. Nous arrivons à bon port au camp Escale Africa épuisés par cette journée.

Le quartier artisan de Atar.

Comme nous sommes limités à 10 j, nous abandonnons le projet de passer par l’est et d’aller voir les crocodiles, nous filons directement à Atar dans l’Adrar. 400 km de routes sans intérêt mais il faut rester vigilant car elles sont parsemées d’immenses nids de poules XXL.


Direction Chinguetti. Nous savons que la piste est très tôlée, toutefois certains tronçons sont en cours d’aménagement par les Chinois qui en font un boulevard avec une emprise de 4 voies…

Chinguetti
Auberge à Chinguetti. Ce n’est pas là que nous mangerons.

Nous commençons la balade dans la vieille ville vers 17h, la température étant descendue à 30°, en quette des fameuses « bibliothèques ». Les rues sont quasi désertes. Quelques dames nous suivent
avec insistance pour nous vendre, bijoux et autre babioles. Ce village est aux portes du désert, les maisons périphériques sont à la limite de l’ensablement car les dunes avancent d’année en année.

Un belle porte de maison.
Mais aussi …

La bibliothèques de Al Ahmed Mahmoud est la plus renommée, à juste titre car le personnage est érudit et charismatique. C’est un ancien professeur qui nous fait un cours de philosophie sans omettre quelques messages religieux. De nombreuses familles de Chinguetti possèdent des manuscrits mais chacune les conserve de son coté et la tentative de l’Unesco de créer une bibliothèque commune a échoué, même si le local a été construit. Celle de Al Ahmed Mahmoud est classée depuis 1954 !

Ahmed, nous ouvre sa bibliothèque.


Les plus anciens documents datent du XIeme siècle mais sont conservés à Nouakchott. Ceux que nous avons sous les yeux sont du XVIIIeme. Ils traitent en majorité de religion mais aussi de poésie quelques-uns de mathématiques ou d’astronomie.


Ouadane est à 130 km de Chinguetti mais la tôle ondulée de la piste avec des ondes de plus de 10 cm est impraticable avec notre véhicule aux suspensions inadaptées. 6 h de secousses, ce n’est pas bon pour nous et encore moins pour la mécanique. Nous faisons demi-tour au bout d’une heure et nous dirigeons vers la ruine de Fort Saganne. Le film date de 1984 et des parties tiennent encore mais pour combien de temps ? Le site est magnifique, dans cette plaine aride au milieu des falaises.


Nous empruntons l’ancienne piste; la passe de Amogjar, en bon état, qui descend dans le canyon et l’oued du même nom. Le paysage est superbe, le contraste entre les roches noires et le sable blond nous séduit. Après le canyon nous rejoignons Atar par une longue traversée dans la plaine nord. Une belle balade de 80 km où nous n’avons croisé âmes qui vivent à part quelques rares chèvres ou chameaux.


A Atar nous faisons prolonger notre passavant à la douane. Nous aurons droit à 10 jours supplémentaires. L’état du bâtiment et le désordre qui y règne en disent long sur l’état de délabrement de l’administration. 20,51854 N, 13,05126 W

Balade dans le village d’Azougui au nord-ouest de Atar parmi les cases traditionnelles.


La piste qui rejoint Nouadhibou le long de la ligne du train minéralier, longue de 450 km, est un itinéraire mythique, mais qu’il est déconseillée d’entreprendre seul. Nous voulons tout de même aller voir les sculptures contemporaines ainsi que les monolithes de Ben Amira et Aïcha, ces énormes galets monoblocs de roche lisse de 400 m de haut qui dominent le désert.

Ben Amira, le plus gros des monolithes

Nous prenons donc un guide avec son hilux 4×4 pour l’aller-retour en 2 jours avec un bivouac au pied des monolithes, sous une grande tente mauritanienne pour se protéger des fortes rafales de vent et sable. La piste de 70 km qui sépare Choum de Ben Amira n’est pas toujours bien marquée et avec des passages de plusieurs kilomètres de sable mou. Le cub serait probablement passé mais l’enlisement n’est pas à exclure. Nous ne regrettons pas d’avoir été prudents.

Aïcha


En 2000, une vingtaine de sculpteurs internationaux sont conviés à s’exprimer sur la légende de Aïcha qui a donné son nom au monolithe. Cette femme prétendument infidèle selon les dires de son mari Ben Amira, qui en à profité pour la répudier, d’où l’éloignement entre les deux rochers.

Ben Amira 21,23211 N, 13,66363 W, 5 km plus loin, Aïsha 21,29355 N, 13,69620 W.
Sculptures 21,29426 N 13,69249 W
Nombreuses possibilités de bivouac au pieds des monolithes.

Depuis Atar nous avons fait 400 km dont 200 de pistes et nous avons la chance de voir passer le train… d’environ 1,5km !

Terjit et sa palmeraie sont un petit paradis. Un village traditionnel de cases et pierres sèches au bout de la vallée, dans la gorge un ruisseau coule parmi les palmiers.


Nous dormons au charmant petit camp, sommaire mais bien tenu, de Daha. Nous sommes accueillis par des verres de thé que le papy nous sert les uns après les autres accompagnés de dattes de son jardin.

Nous sillonnons la région, profitant des paysages de djebels et des palmeraies. Ce sont les dernières images de la Mauritanie avant de prendre la route du Maroc.


Pas de regrets, les températures de plus de 40° le jour et 30/35 la nuit, puis le vent de sable dans une lumière blanche irréelle annoncent un changement de temps peu propice au tourisme.

Pose café sur la route en compagnie d’une trentaine de dromadaires, le berger est sympathique mais il refuse les photos comme la majorité de Mauritaniens.


Juste avant la frontière un nouveau passage du train de la mine sur la seule route entre la Mauritanie et le Maroc. Attention les barrières sont automatiques !
Aussi se clos le voyage en Mauritanie. A suivre au Maroc.

Vidéo, cliquez sur la vignette

4 réflexions sur “11. 11. Retour en Mauritanie, visite de l’est.

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