10. le Siné Saloum, et la côte ouest

Le Siné Saloum est la région du très vaste estuaire qui s’étend de 200 km au sud de Dakar jusqu’à la Gambie. Ce nom vient de celui des 2 fleuves, le Siné et l’immense Saloum. C’est une région de mangrove où la principale activité est la pêche.

Après la traversée de la Gambie nous nous dirigeons directement vers l’ouest, vers la mer, pour retrouver un peu de fraîcheur.


Passage obligé par Kaolack que nous fuyons tant sont pénibles la circulation et la pression de la foule avec sont corollaire de gamins mendiants. Les talibés, ces gosses délaissés par des familles trop nombreuses pour pouvoir les assumer, sont confiés à des marabouts, autorités religieuses musulmanes, qui les exploitent en les obligeant à mendier. En contrepartie ils sont « éduqués » avec brutalité dans la foi et la pratique stricte le l’Islam. De nombreuses personnes nous on rapporté qu’il sont obligé de rapporter chacun 500 Fcfa sous peine de sévices. On les voit déambuler en grands nombres dans les rues des grandes villes et des bourgs souvent pieds nus dans un état de crasse qui fait peine à voir. C’est un des aspects de la misère le plus apparent et difficilement supportable.


Il faut rappeler que la polygamie est acceptée jusqu’à 3 femmes pour 1 homme chez les musulmans, (90 % de la population). Les familles de plus de 5 ou 6 enfants jusqu’à 8 ou 10 sont fréquentes. La population était de 5 millions de personnes en 1980 elles est maintenant de 18 millions. Partout, en campagne, villages, villes, on voit les enfants en grand nombre. Nous voyons aussi des groupes d’enfants et d’adolescents en uniforme qui vont à l’école avec leurs petits sac à dos.
Plusieurs hommes très fiers nous ont cité la maxime   » Chez nous la table est pauvre mais le lit est fécond « …


Il y des écoles dans la majorité des villages, comme nous l’avons vu à Bicole, ou à Mar Lodj un village insulaire du Siné saloum. Mais la scolarité n’est pas obligatoire, les locaux sont financés par des « partenaires » dont de nombreuses associations caritatives, elle sont donc le plus souvent très dégradés et les frais de fournitures restent à la charge des familles.


La pêche est la principale activité au Sénégal et le poisson la principale source de protéine. A la sortie des bateaux ou sur les marchés des ports il est possible d’acheter du poisson, capitaine, lottes, daurade, barracuda pour les plus fréquents mais aussi des crevettes des toutes tailles comme à Foundiougne. A Sokon nous mangeons un excellent plats d’huîtres de mangrove assaisonnés aux herbes et à l’ail. Mais les produits de la mer en vente sur les marchés, le sont au soleil sans glace et encore moins de frigo.


Une piste en cul de sac nous mène au petit village de Missirah connu pour avoir un fromager (l’arbre) millénaire. Immanquablement des gens se proposent pour vous faire faire la visite mais cette fois c’est le chef du village et un adjoint féru en histoire.

Plus au nord à Ndangane, nous séjournons chez Martine la patronne du super petit campement Phil’harmonie 14,07822 N, 16,69338 W

De là nous parcourons en pirogue les bolongs, ces canaux qui sillonnent la mangrove et un village insulaire. Plus tard, c’est en charrette que nous traversons avec un guide connaisseur en botanique la campagne et notamment la forêt de ces étranges et filiformes palmiers rognier à la silhouette de cure-dents coiffé d’un plumeau.


Une des personnalités qui nous aura le plus marqués est Juliette la guide conférencière du superbe petit musée MAHICAO, « musée d’art et d’histoire des cultures d’Afrique de l’ouest » à Djilor 14,12071 N, 16,65956 W. Elle retrace les grandes époques de l’histoire de l’Afrique, les particularités des différentes ethnies qui seraient au moins 3500 avec autant de langues et dialectes, bien sûr la traite négrière transatlantique mais aussi celle moins connue entre les pays du nord du sahara et ceux d’Afrique noire. Juliette sait prendre de la hauteur pour expliquer tous ces phénomènes et des aspects sociologiques de la culture et des religions Sénégalaises.


Nous partons ensuite à Gjifer que le guide du routard nous vantait comme un charmant port de pêche et qui s’avère être un bidonville abritant les familles des pêcheurs aux rudes conditions de travail et de vie dans la puanteur du poisson séché.


En remontant la langue de Palmarin nous longeons les exploitations de sel (récoltées au milieu des déchets plastiques) et les ensembles de greniers à mil qui ponctuent le paysage jusqu’à Joal-Fadiouth.


La ville présente peu d’intérêt et nous visitons l’ile au coquillages avec un guide là encore très intéressant. L’ile avec ces étroites venelles est peu mise ne valeur, mais présente la particularité de mélanger en harmonie, animistes, chrétiens et musulmans.

Le cimetière est multiconfessionnelle.


Nous retournons à Dakar pour retrouver Francine et Lyonnel dont la santé améliorée, leur a permis de voyager. Nous visitons le passionnant musée de l’Afrique Noire et sommes particulièrement captivés par les superbes objets d’art africain évoquant entre autre la maternité.


Une dernière halte avant de quitter le Sénégal : Saint-Louis. Contrairement à ce que laissent supposer les guides, il y a encore de nombreuses maisons coloniales dont certaines sont encore en bon état.

Mais le plus étonnant est l’immense quartier populaire accolé au quartier des pêcheurs avec son effervescence où se mêlent pêcheurs de retour, porteur des lourdes caisses de poissons, femmes qui trient et vendent, transporteurs réparateurs en tout genre….

Le circuit de notre périple au Sénégal.

La suite, prochainement en Mauritanie !

5 réflexions sur “10. le Siné Saloum, et la côte ouest

  1. Avatar de Inconnu Anonyme

    Les barques colorées sont très photogéniques. Les statues évoquant la maternité sont superbes.

    Le Routard manque parfois de mise à jour. En Turquie chaque site archéologique est le plus beau 🤣. Il demeure malgré tout très utile. Bonne continuation. Bises.

    Annie.

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  2. Avatar de Inconnu Anonyme

    Bonjour Alexandrine et Thierry,

    Merci pour le superbe récit de votre découverte du Sénégal.

    Vos commentaires sont toujours pertinents et vos photos vraiment sublimes.

    Toutefois, je pense que la réalité est un peu moins jolie, d’ailleurs vos commentaires en témoignent. Je ne peux pas juger sans y avoir été mais la pauvreté semble présente à tous les coins de rues. Ce qui nous fait hésiter à visiter le Sénégal.

    Bonne continuation de votre périple.

    Bernard

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  3. Avatar de Inconnu Anonyme

    Bonjour Thierry et Alexandrine

    J’ai toujours plaisir à lire votre blog bien écrit et documenté avec de très belles images 👍

    Je ne connaissais pas le musée où Juliette vous a accompagné ; sans doute un arrêt à prévoir pour une prochaine fois

    Le Sénégal est victime, comme d’autres pays d’Afrique, de sa surnatalité qui fait le lit des extrémistes religieux qui exploitent les enfants. Un immense problème qui rejoint de plus en plus l’occident : que vont faire ses enfants sans travail ?

    Bises à vous et à bientôt

    Jean-Marc

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