A Richard-Toll, nous avons rencontré Mamadou Bâ, ingénieur des eaux et forets sénégalaises, qui a créé la ferme Guedda près de Kolda, une exploitation écologique produisant du maraîchage bio et de l’élevage étique. Nous y passons deux jours, afin de faire prises de vue et interviews pour réaliser un petit documentaire sur divers solutions visant à progressivement arriver à la suffisance alimentaire au Sénégal.







Nous nous enfonçons plus à l’ouest en Casamance dans la langue du territoire Sénégalais coincée entre la Gambie au nord et la Guinée Bissau au Sud. Cette curiosité géo-politique résulte du fait que la Casamance était Guinéenne et appartenait donc aux Portugais, la Guinée s’étendant alors jusqu’à la Gambie. Mais fin 19ème, la Casamance a été cédée aux français pour être intégrée à l’immense territoire des colonies françaises, l’AOF (l’Afrique Occidentale Française) et de fait la Gambie se retrouva complètement enserrée dans le Sénégal.

Cette région très irriguée est différente du nord Sénégal. La végétation y est très dense et les grands arbres, dont les fromagers aux immenses racines, ponctuent le paysage.



Zinguinchor est la capitale de la Casamance, une grande ville avec ses marchés et ses rues bondées. Nous y achetons de la lotte et d’énormes et délicieuses gambas dites tigres : Marché au poisson l’Escale 12,58742 N, 16,27052 W
video: Circulez




La rive sur la Casamance (le fleuve !) amène un peu de tranquillité. Le restaurant le Perroquet avec vue sur le fleuve, fréquenté par la bourgeoisie de la ville et les touristes, nous transporte le temps d’un déjeuner dans le confort et la propreté à l’européenne. 12,58826 N, 16,27340 W.
Près de Ziguinchor nous allons au superbe camp de Pierre et
Virginie, accueil, cadre, ombre, propreté et une cuisine
exceptionnelle ! un modèle de camping. 5/5 sur P4N bien mérité,
12,57037 N, 16,17467 W
Nouvelle immersion dans le passé rural du Sénégal avec la case à impluvium à Enampor, immense ensemble circulaire où vivent plusieurs dizaines de famille dans des cellules à la périphérie du bâtiment. Au milieu se trouvent les espaces communs couverts et le puits central alimenté par la pluie collectée via l’ouverture conique dans la couverture. Cette construction est la dernière dans son état initial, couverte en chaume et habitée par des familles très démunies. A l’origine ces édifices étaient dépourvus d’ouvertures extérieures à part les portes, car faisant aussi office de lieux défensifs. A Enampor :12,51525 N, 16,45498 W.


On voit d’autres cases du même type dans les villages mais le plus souvent elles sont couvertes de tôles et n’ont pas la même authenticité.

Nuit au camp voisin dans le village. 12,51640 N, 16,45323 W où comme dans beaucoup d’autres lieux nous serons quasiment les seuls voyageurs.
Alors que Enampor est en forêt, le village du bout de la piste, Bandial à 5 km, est totalement dégagé de toute végétation. Il est posé sur une langue de terre dans l’estuaire, quelques mètres au dessus de l’eau sous des Baobabs éparses.


Mlomp est connu pour ses célèbres fromagers centenaires sur la place du village mais il ne faut pas oublier le petit musée rural très bien tenu et ses 3 cases à étages, une curiosités architecturale néo-colonialiste.


La province conserve ses traditions, les fétiches et son roi animistes et les religions musulmane et chrétienne. Tout ça semble faire bon ménage dans la communauté où la mise en commun et le partage sont les bases de la vie sociale. Aïcha la charmante guide native du village nous explique la vie locale dans un très bon Français. Son père est musulman, sa mère catholique. 12,55916 N, 16,58048 W



Bivouac à la pointe st Georges sous les palmiers en bordure du village, avec vue sur la Casamance. Nous apercevons depuis le mirador, un bout de dos et un bout de queue du Lamantin, un discret mammifère marin de 5 m, qui vit dans les estuaires des fleuves d’Afrique.

A Elinkine nous avons rendez-vous avec Aziz un guide qui nous a été recommandé pour faire une excursion dans les bolongs, ces canaux qui serpentent au milieu des palétuviers dans la mangrove de l’immense estuaire de la Casamance. Des dauphins nous accompagnent quelques minutes,


Nous tentons de pêcher le barracuda un gros poisson de 1 m, carnivore, mais par 2 fois il se décroche de la cane d’Aziz. C’est un bon poisson mais il ne vaut pas le « capitaine », un autre gros poisson des fleuves à la chaire bien plus goutteuse.


Puis visite du village d’Aziz sur un des innombrables îlots inaccessibles autrement qu’en pirogue. C’est l’occasion de voir le travail de ramassage et de cuisson des huîtres de mangroves. Elles poussent sur les racines, accessibles à marée basse. Elles sont cuites dans leur jus puis conservées sèches pour des préparations et des sauces. Nous en gouttons à la fin de la cuisson, s’est très bon mais le goût ne ressemble plutôt à des moules.



Nous allons ensuite sur l’ile à fétiches ou trône l’arbre à fétiches au centre de la place. Les gens y déposent toutes sortes d’objets dont des centaines d’os de poulets en espérant voir leurs vœux exaucés. Au pied de l’arbre un énorme tambour creusé dans un seul tronc d’arbre, au son grave et un tam-tam, servent à annoncer les événements et rassembler la population.




Nous allons jusqu’au cap Skirring, haut lieu de villégiature des « toubabs ». La plage est belle, elle fait le bonheur des clients du club med mais en cette fin de saison ce sont surtout des vaches qui se baladent. Nous passons notre chemin pour aller voir les grands fromagers et les baobabs à Bouyouyé, un village perdu dans la végétation. 12,44493 N, 16,74776 W



Nous apprenons que Lyonnel et Francine, en route pour nous rejoindre, se trouvent bloqués à la frontière Mauritanienne car leurs e-visa sont périmés. La validité en était de 45 jours mais ce « détail » nous était inconnu car ce il n’est pas indiqué sur le site mauritanien. Ils doivent donc refaire la demande et attendre à la frontière au moins 3 jours… Pour nous c’est un dilemme car nos evisas prennent fin dans 5 jours. Nous avons le choix entre retourner au plus vite en Mauritanie ou refaire des demandes avec l’incertitude que cela comporte. C’est ce choix que nous faisons pour terminer notre voyage sans précipitation et en espérant qu’aucun blocage « bureaucratique » ne perturbe la délivrance des nouveaux evisa.

Pour quitter la Casamance et revenir vers le nord, nous avons le choix pour passer au nord Sénégal, entre le ferry de Ziguinchor à Dakar moyennant 500€, le contournement de la Gambie par l’Est ou la traversée de la Gambie à Soma, sachant que c’est le royaume du bakchich. Le visa, officiellement gratuit, nous coûtera 5000 Fcfa pour le véhicule, 5000 Fcfa/pers à l’entrée et 1000 Fcfa/pers à la sortie. Bakchich ou tarification occulte ? Le pont lui est à 6000 Fcfa pour nos véhicules. Ça nous revient au total à 35 €. Mais c’est tout de même un gain de temps (2heures au total) et financier !
Sur la route nous traversons en plusieurs endroits des forêts de Baobabs. La densité est loin d’être celles d’une futaie. Les feuilles commencent tout juste à sortir, c’est le printemps en attendant les pluies en juin.


Nous venons de recevoir nos e.visas d’une durée de 30 jours ! Et donc… La suite au prochain épisode dans le Siné Saloum, un autre estuaire.
Pour finir, quelques une de nos dernières observations.




Merci pour ce beau reportage au Sénégal et pour vos belles photos. Bonne suite de voyage avec les amis !
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Votre reportage est très dépaysant. Alexandrine est très convaincante en pêcheur. Continuez bien. Michel et Violette.
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J’adore vous lire, et regardez vos images et vidéos, cela me fait voyager,
bonne continuation
amitiés, Julia
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Bonne suite à vous, … bien méritée. Merci pour ces photos qui nous permettent de « participer » à votre découverte.
Louis-Henri & Anne
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J’ai beaucoup aimé l’impluvium qui dit beaucoup de l’ingéniosité des africains.
Les fromagers sont des merveilles et les oiseaux très photogéniques… pour des photographes avertis.
Bonne suite. Bises.
Annie.
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