8 – Les jardins au village de Bicole et le parc Niokolo Koba


Nous reprenons la route vers le village de Bicole près de Fatick. Anne-Laurence et Jean-Marc Poirson nous ont mis en contact avec l’association Keur Afrique qui œuvre pour la création de jardins que les femmes du village cultivent pour nourrir leur famille ou vendre leur production. L’association finance le forage (l’eau n’est qu’à 4 m de profondeur), le pompage alimenté par des panneaux solaires et la clôture d’épineux pour éviter que les chèvres viennent profiter de cette manne de chlorophylle. L’ensemble est coordonné sur place par Dominique Séne, un permanent de l’ONG Caritas.

Les baobabs ne sont pas encore en feuilles.

La fertilité des jardins en plein désert est impressionnante.


Là, une dizaine de femmes s’affèrent à arroser les légumes. Le sol est amendé par un peu de terre et beaucoup de crottins d’ânes, une ressource inépuisable ici.

Dominique nous fait découvrir son village. Nous visitons le lycée ; 1000 élèves à 50 par classes allant de la 6eme à la terminale, le centre de santé pourvu d’une salle de consultations assurées par un infirmier, une maternité tenue par une sage-femme dotée d’un échographe portable, fierté du centre. Il n’y a pas de médecin au village.

La salle de consultation en médecine
Les rues de Bicole


Tous ces bâtiments ont été construits par différentes associations européennes mais sont gérés localement, le personnel étant payé par l’état.

Nous stationnons dans la cour du centre de santé et voyons les villageois passer, la plupart bien habillés, les enfants tirés à quatre épingles. Chacun vient nous voir, nous souhaitant la bienvenue. Passent aussi des enfants désœuvrés, des chèvres, des moutons, des ânes et même des porcs, le village étant à majorité catholique.


A Tambacounda, l’hôtel « l’oasis oriental » que nous avions référencé, n’a qu’un parking qui ressemble à un chantier pour le prix d’un camping de luxe. Nous déclinons donc et dormons sur le parking de l’hôtel « le relais Tamba » pour le prix d’un bon dîner. L’hôtel n’accepte qu’un seul petit véhicule.

La Gambie


Nous retrouvons les voyageurs Patricia et Gilbert rencontrés au Maroc. Nos routes se sont déjà croisées et aujourd’hui nous visitons ensemble le parc du Niokolo Koba.


Le parc est conforme à sa réputation. Nous le savions pas très riche en faune et les 43° ne sont pas propices, les animaux étant cachés à l’ombre dès 11h. Nous apercevons tout de même plusieurs espèces d’antilopes et quelques oiseaux intéressants.

Rollier à vente bleu
Rollier d’Abyssinie
Singe vervet

Les conditions imposées (guide au connaissances sommaires, chauffeur qui « trace ») ne nous permettent pas d’y passer le temps nécessaire à une bonne observation. Au « relais du lion », le paysage sur le fleuve Gambie est superbe et les singes vervets qui font les « singes » sous la tonnelle de restaurant nous charment. Mais à part cela, le personnel n’est pas accueillant, la cuisine lamentable et les installations pour le moins sommaires. Nous avons malgré tout passé une bonne journée à la découverte d’un autre milieu et en bonne compagnie.

Cobe de Buffon


Fatigués nous partons bivouaquer à 20 km de là, sur le spot repéré la veille au bord du fleuve Gambie. Hier déjà, un pseudo garde nous avait dit que pour dormir là il fallait s’acquitter des droits d’entrée dans le parc de 5000 FCFA (7.5 €) et dubitatif, nous étions repartis.
Nous revenons après l’excursion avec le sésame. Le même garde très agressif sort débraillé d’un petit bâtiment délabré et nous réclame les tickets d’entrées dans le parc. Aucune enseigne, panneau ou autre qui justifierait ses exigences. On discute, on met en doute son statut, et refusons de lui remettre nos passeports. Piqué, il nous sort une carte officielle et un uniforme en bonne et due forme, nous menace de nous embarquer car « ici c’est lui la police » ! On donne notre ticket et il finit par nous laisser passer.


passage soft


Après 2 km de piste orniérée par endroit, le chemin d’accès à la rive est pentu, bien raviné et en terre battue, accessible uniquement en 4×4. Pour faire passer notre gabarit j’ai dû couper quelques branches.


L’endroit est magnifique au bord de la Gambie. C’est un gué en été, les vaches et les mobylettes passent. En hiver le niveau est au moins à 5 ou 6 m plus haut. Nous nous installons sur la rive en graviers en plaisantant sur les risques de crue impossible en cette saison.


Deux clans de babouins en amont et en aval de notre bivouac, nous observent. Certains se déplacent vers nous, passent sur le haut de la rive avec force manifestations et cris qui nous font bien comprendre que nous sommes sur leur territoire. Nous dînons de quelques bricoles sur le pouce en les surveillant du coin de l’œil car nous ne voulons pas les attirer avec de la nourriture en évidence. Ils passent sans s’approcher.


De forts grognements dans la végétation du fleuve nous amène à penser qu’il y a des hippopotames tout près, mais la nuit tombe sans que nous les ayons vus. De toute évidence le fleuve est habité par ces hippopotames et crocodiles que nous avons vus non loin dans le parc.
Vers 1h du matin, toc, toc, toc sur le toit. Inimaginable au mois de mars ! Nous avions tout envisagé sauf qu’il puisse pleuvoir en cette saison sèche où il ne pleut jamais. Confirmé par les locaux. La pluie se renforce, de quelques gouttes elle passe à une vraie averse. A 2h nous nous concertons avec Patricia et Gilbert et nous sommes d’accord pour remonter car la petite passe pourrait s’avérer difficile si la pluie continue rendant le sol trop glissant.
Gentiment le camion remonte la pente en première courte sans trop patiner, les quelques glissades dans les ornières nous confirme dans notre choix raisonnable.

Nous reprenons la route chacun de notre côté, déçu par le vilain sort que la météo nous a joué, frustrés de n’avoir pas profité d’un mâtinée de farniente à regarder le paysage.

Nous espérons nous revoir avant la prochaine averse prévue en mai…

Quelques vues en cours de route.

A suivre vers la Casamance…

11 réflexions sur “8 – Les jardins au village de Bicole et le parc Niokolo Koba

  1. Avatar de Inconnu Anonyme

    Méfiez vous des babouins. Ils sont entreprenant, agressif et ont des dents impressionnantes. . Ce sont des animaux pas du tout sympathiques.
    D’une manière générale ne jamais tenter de toucher un singe car attention aux morsures.

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  2. Avatar de Inconnu Anonyme

    Bonjour Thierry et Alexandrine

    Merci pour votre sympathique reportage sur les jardins de Bicole que notre association Keur d’Afrique soutient depuis de de nombreuses années. La participation active de habitants et l’implication sans faille de Dominique ont permis ce résultat qui permet aux populations locales d’améliorer leur autonomie. Nous sommes heureux que vous ayez pu constater la qualité du travail accompli. Nous espérons vraiment que tout ceci ne sera pas remis en cause par les changements récents au Sénégal.

    Bises et bon retour

    Jean-Marc

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  3. Avatar de Inconnu Anonyme

    Bonjour,

    On vous suit avec plaisir, constatant que les paysages sont plus attirants que les autochtones, du moins certains d’entre eux.

    En attendant la suite nous vous souhaitons une bonne route.

    Amitiés

    Violette et Michel

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