00- Le départ approche.
A l’approche d’un nouveau départ, nous avons des fourmis dans les jambes.
Début janvier, nous partons pour 5 mois destination Turquie, Géorgie, Arménie. Le programme :
Traversée de la France et de l’Italie sans étape jusqu’à Ancone pour prendre un ferry vers le port de Durres en Albanie. Trois, quatre jours en Grèce tranquillement avec une étape pour voir les pélicans frisés, avant d’arriver à la frontière Turque où nous retrouverons Francine et Lyonnel avec qui nous voyagerons en parallèle sur des itinéraires similaires.

Visite de la Turquie par la côte méditerranéenne, puis la Cappadoce, les hauts plateaux de l’Anatolie, qui seront sûrement enneigés, vers le mont Ararat.
Nous profiterons de l’arrivée du printemps dans les plaines moins élevées du centre de la Géorgie avec sa capitale Tbilisi.
Passage vers l’Arménie et ses hauts plateaux jusqu’à l’extrême sud et le parc Arévik.
Remontée vers le nord en direction des hautes vallées de la chaîne du Caucase en Géorgie et ses sommets avoisinants 5000 m.
Retour par les abords de la mer noire en Turquie, plus ou moins rapidement selon le temps disponible puisque nous devrons être rentrés fin mai.
Il y a 20 ans nous étions en Cappadoce, nous espérons que les cheminées de fées ne se sont pas effondrées depuis !
1 – Nous sommes arrivés en Grèce ! janvier
Enfin arrivés à notre première étape au Nord Est de la Grèce, au lac Kerkini, bien contents de nous poser tout près des berges, après plusieurs jours de route presque non stop.
Après avoir traversé la France du nord au sud hors autoroute à péage comme à notre habitude, nous avons fait une petite étape de 2 jours de ski dans les Hautes Alpes car nous sommes passés en Italie par le col du Montgenèvre. La destination suivante était Ancône pour prendre le ferry, mais les deux jours pour parcourir les 700 km hors autoroute nous ont parus bien longs.

Puis une nuit dans le ferry jusqu’à Durres en Albanie, cette traversée ayant, selon nous, le meilleur rapport prix / kilomètres économisés. La compagnie Adria Ferry est tout à fait correct pour les 400€ cabine comprise, mais il y fait bien froid ! Arrivée à Durres en fin de matinée par beau temps, direction la Grèce au plus court ; 250 km de route à grande circulation qui nous font passer par la montagne enneigée. La frontière est à 1000 d’altitude avec une température de -2°, ce qui n’a pas découragé les douaniers de faire une inspection détaillée du camion, à la recherche de « narcotic ».

Puis direction plein Est vers le lac de Kerkini, près de la frontière Bulgare, haut lieu d’observation ornithologique avec entre autre, les Pélicans frisés qui à cette période est en parure nuptial.
41,14884 N, 23,20942 E
Ils sont bien là à se pavaner devant les sommets à la frontière Bulgare.

2 – Les pélicans frisés du lac Kerkini.
Le lac Kerkini se situe au nord de la Grèce en contrefort des sommets enneigés de la Bulgarie . 41,15682 N – 23,21238 E

L’ensemble du lac est un site réputé pour sa valeur ornithologique avec en particulier une colonie de Pélicans Frisés. Un petit espace fréquenté par les pêcheurs et les photographes est aussi un bivouac très agréable. 41,14884 N – 23,20942 E
En plein mois de janvier avec des températures nocturnes largement négatives, nous sommes les seuls camping-caristes. Par contre, ce temps froid mais ensoleillé nous a offert de belles lumières d’hiver dont nous avons largement profité.

Vous avez dit frisés !



Au cours de nos 3 jours de pérégrinations autour du lac, nous avons pu observer plus d’une vingtaine d’espèces différentes et parmi celles-ci, outre les Pélicans, des Flamants roses, des Spatules blanches, une Cigogne noire, de nombreux Cormorans pygmées, des Canards par centaines (le Pilet, le Siffleur, le Souchet, la Sarcelle d’hiver) ainsi que la Bécassine des marais et tous les habitués des zones humides : Hérons, Aigrettes, Foulques, Mouettes rieuses etc
Après cette pose grecque, nous nous dirigeons maintenant vers la frontière Turque, à une journée de route. Nous devons y rejoindre Lyonnel et Francine pour quitter l’Europe le 17 janvier.
3 – Premiers jours en Turquie.
Le passage de la frontière à Ipsala est une formalité. Arrêt au distributeur bancaire qui nous délivre une belle liasse de billets puis achat d’une carte SIM et de data, un peu chers… beaucoup plus économiques en ville ! En fait, il s’avère inutile de prendre beaucoup d’espèces dans la mesure où la carte bancaire est admise dans la quasi totalité des commerces, même pour payer deux cafés… turcs comme il se doit !

Notre première destination est le détroit des Dardanelles par le coté occidental et le petit port de pêche Kilitbahir 40,14777 N, 26,37982 E où se trouve aussi le bac qui permettra la traversée « de la mer ». Nous visitons la forteresse de Kilitbahir datant du XVIII. Bien que très peu mentionnée dans les guides, cette très belle bâtisse en forme de trèfle explique fort bien comment, de tous temps, les peuples et les armées ont traversé ce détroit pour migrer ou combattre. La dernière bataille a eu lieu en 1915 entre les Turcs alliés aux Allemands contre les Anglais et les Français qui ont tentés de conquérir le détroit à leurs dépends.


Le lendemain nous traversons le détroit en ferry, par un petit vent frais. Le trafic de cargos vers la mer noire est impressionnant, presque tous sont vides vers le nord et pleins vers le sud.
Nous abordons à Çanakkale ; visite du musée naval, un peu cher pour ce que c’est.
Troie. Visite du site de la ville historique qui conserve 8 niveaux de civilisation de -3000 ans jusqu’à la fin de l’époque romaine. Il y a de beaux restes… avec un peu d’imagination et les très bonnes explications données par les panneaux en place. Le musée présente de belles pièces ouvragées de la vie courante qui montre l’esprit artistique de nos ancêtres. Le rapport entre la localisation de Troie et l’Iliade n’est pas avéré d’après les historiens, bien que Homère se soit probablement inspiré de certains faits historiques pour son roman.

Nous poursuivons ensuite vers le sud jusqu’à la baie de Edremit par un itinéraire de petites routes et de pistes un peu boueuses qui nous permettent de découvrir la campagne et de superbes oliveraies jusqu’à Ayvalik, ville avec un port très animé.


Ayvalik a la particularité d’avoir eu une population d’habitants Grecs puis de Turcs en raison du transfert d’habitants qui a eu lieu dans les années 20. Suite à la déclaration d’indépendance, les Grecs ont été chassés et les Turcs vivant en Grèce ont ré-intégrés la ville. De ce fait, l’architecture de la vielle ville révèle un caractère Grec très marqué.

Un sympathique commerçant Grec nous invite à venir boire le thé dans sa petite échoppe en s’exprimant avec quelques mots de Français qu’il est très fiers de prononcer avec application.

Durant 3 jours le vent souffle en tempête avec des pointes à 80 km/h ce qui nous oblige à bien orienter le CC face au vent pour éviter d’attraper le mal de mer.

Nous traversons de superbes pinèdes dans la campagne vers notre nouvelle destination : Pergame. Nous faisons le plein d’eau à l’une des nombreuses fontaines d’eau de source qui bordent la route. L’acropole de Pergame est l’un des plus importants sites Romains en Turquie (de -300 à +200), au sommet d’une colline de 200 m d’altitude, couverte d’une extraordinaire ville avec ses temples, son théâtre, son gymnasium, ses rues pavées et d’innombrables constructions de toutes sortes. Le site escarpé est étonnant.



A l’écart de la ville, L’Asclépieion est un site Romain destiné aux soins par cure thermale.Il recevait tous les malades exceptés les moribonds et les femmes enceintes ! Il comporte de nombreux bassins de toutes tailles, des colonnades et des temples, il faut bien honorer les dieux. L’endroit est très agréable, on s’y promène comme dans un jardin.

Au centre de Pergame, le quartier ancien commerçant et ses petites places ombragées sont propices à l’achat des spécialités comme les baklavas, pâtisseries au miel. En janvier nous apprécions que les arbres laissent plutôt passer le soleil.

5 – Turquie, côte ouest – sites antiques suite…
Au départ de Pergame (Bergama), nous nous dirigeons vers Izmir par une petite route de crête qui serpente au gré du relief, surplombant pâturages et oliveraies, entre Kasikçi et Bahçedere.

A Izmir, il nous faut changer la courroie accessoire du mobilcub. Elle commence à siffler lorsque nous roulons dans l’eau, signe qu’elle est arrivée en fin de vie. A 120 000 km, c’est normal.
L’application « I OVER LANDER » indique un bon garage. Mais comme tous ceux des quartiers de réparateurs (les SANAYI) on y accède par des ruelles bondées, bordées de petits bâtiments inadaptés à nos camions. Dans ce dédale de boyaux, nous circulons au centimètre près ! Le premier indiqué par l’appli, nous dit qu’il n’est pas possible de rentrer notre véhicule dans son atelier et nous envoie à son voisin, … qui n’a pas le temps et nous indique un troisième… que nous n’avons jamais trouvé. Le soir arrivant, nous décidons d’aller le lendemain chez Mercedes craignant que de toute façon, ces petits mécanos bien que très aimables risquaient de ne pas avoir la pièce en stock. Or, Izmir est une méga-ville, la circulation y est très difficile et ce n’est pas un endroit rêvé pour y passer le week-end. Le lendemain vendredi, MB prend en charge le mobilcub immédiatement et fait le remplacement de la courroie dans la mâtinée. Nous y sommes très bien reçus par le personnel prévenant et invités à déjeuner à leur cantine où nous avons mangé un très bon iskender.

Le soir même en allant bivouaquer sur la plage, les flaques d’eau du chemin d’accès longues comme des piscines confirment que nous avons bien fait de changer la courroie, qui ne crie plus !
Bivouac sur la plage de Zeytinköy en sable dur 37,9810 N, 27,24783 E

15 ans après notre première visite, nous redécouvrons la ville antique d’Éphèse qui est toujours aussi impressionnante.

Architectures, sculptures, mosaïques, fresques dont certaines sont dans un état de conservation exceptionnelle, en disent long sur la richesse culturelle et l’art de vivre Romain.



Au coeur de la ville même, nous conseillons vivement la visite des « maisons en terrasses » un quartier d’habitations de riches Romains, véritable Pompéi mis à jour et désormais ouvert à la visite, révélant des trésors de luxe à la Romaine. Nous sommes notamment surpris de constater que, déjà, les murs étaient peints avec une extrême finesse,

Le beau musée moderne de Éphèse situé dans la ville voisine Selçuk expose les plus belles pièces découvertes à Éphèse. Bien que moins encensé que celui de Troie, il nous a paru bien plus varié, attrayant et intéressant.
Nous passons ensuite à la nourriture du corps au grand marché de Selçuk qui se tient le samedi toute la journée.


Depuis notre arrivée en Turquie, le soleil d’hiver nous accompagne, certes un peu frais et parfois venteux mais il nous offre de belles lumières.
Nous allons ensuite à Sirince vanté par le guide du routard comme étant un super joli village Grec sur les hauteurs où traditionnellement y sont cultivés la vigne pour le vin et l’olivier. Mais nous constatons qu’aujourd’hui il cultive surtout les touristes avec des dizaines de restaurants et magasins de souvenirs… ! Malgré tout en cherchant bien on peut y trouver un intérêt architectural et des perspectives sans commerce.

La péninsule de Dilek est une chaîne de montagne de 1200 m qui s’avance dans la mer. C’est aussi un parc naturel et une base militaire…Nous avions projeté d’y faire une balade dans un canyon, mais le temps froid 4°, couvert et très venteux nous en dissuade.
Les choux sont énormes mais très doux
La côte sud est plus accueillante. Pour le coup, nous apprécions particulièrement le village en partie abandonné de Doganbey beaucoup plus authentique. Quelques maisons sont magnifiquement restaurées et le minaret se dresse rutilant au milieu des murs effondrés. Hors saison le village est désert, le vent souffle très fort, heureusement que le soleil y apporte un peu de chaleur.

La cote de la mer Égée étant décevante car quasiment urbanisée sans interruption et sans grand charme, nous quittons le bord de mer, vers le lac de Bafa, renommé pour sa richesse ornithologique. En principe flamants et pélicans… mais à part quelques foulques, aigrettes et cormorans pygmées c’est le grand désert !
Par contre, au petit village de Kapikiri, les pêcheurs en ramènent de gros mulets et les femmes y pratiquent une forme de dentelle à perles qui ourle des foulards et elles se prêtent au jeu des photos avec bonne humeur.


D’une façon générale, l’accueil des Turcs est toujours bienveillant même sympathique, un signe, un bonjour, un sourire, ils cultivent l’art de l’hospitalité.

Bodrum est le St Tropez de la côte Égéenne. Une station balnéaire super chicos, super clean, où des yachts pullulent avec quand même quelques ruelles sympathiques, ne boudons notre plaisir, nous avons apprécié y flâner sous un soleil printanier.


5 – Côte sud, la côte Lycienne – Bodrum
février
La plage de Izturu est un lieu de ponte des tortues marines. Le site est superbe au bout d’un joli vallon qui débouche sur la plage. Elle est immense et déserte. Mais les tortues ne sont pas au rendez-vous ! Normal, ce n’est ni la période de ponte (de mai à juillet) ni celle de l’éclosion (de juillet à septembre). Pour nous, c’est l’occasion de faire une balade de la matinée entre la plage et la pinède.

Nous visitons l’établissement de sauvegarde des tortues blessées à la suite, le plus souvent, de collisions avec des bateaux ou de lésions provoquées par leurs hélices. Elles sont gardées dans des bassins le temps nécessaire, compté en mois ou en années, en attendant que leur état leur permette d’être remises en liberté. De beaux bébés de 30 à 40 kg !
La saison de la récolte des oranges bat son plein. Sur des kilomètres nous traversons des vergers d’orangers et de citronniers qui occupent les vallées de la région. Des équipes de cueilleurs s’affèrent et des camions remplis de caisses de fruits circulent sur les petites routes.

Plus loin, ce sont des vallées entières couvertes de serres en plastique comme au Maroc ou en Espagne.
Nous appréhendions de partir en janvier, mais en fait, la météo sur la côte est très clémente, l’ambiance est printanière et les premières fleurs y font leur apparition.


Nous parcourons la Lycie par la côte. Le peuple Lycien, mal connu, qui occupait cette petite péninsule, remonte à l’age de bronze jusqu’à sa domination par les Perses en -500, puis par les Grecs et les Romains. Les rares vestiges que les Lyciens nous ont laissés sont des sites funéraires et des quelques traces de villes remaniées par les peuples suivants.

Nous découvrons ces fameux tombeaux Lyciens à Tlos au sein d’une grande ville Romaine.
Mais l’émotion la plus forte est à Pinara où les tombeaux Lyciens sont perdus dans la montagne. Plus surprenant, des centaines de tombeaux sont creusés dans une falaise vertigineuse de plusieurs centaines de mètres de haut.


A Patara, un superbe théâtre a été reconstruit dans cette ville qui était portuaire. La mer est désormais remplacée par un marais mais la rue principale débouche encore dans l’eau.


La route, de site antique en site antique, est l’occasion de parcourir la campagne et de découvrir des villages et des paysages, au prix parfois de petites routes sinueuses et surtout très raides, à monter et à descendre en seconde, voire en première… Elles peuvent approcher les 20 %.


Nous n’avons pas toujours la même vision que les guides qui trop souvent vendent du rêve et encensent certaines stations balnéaires qui n’ont qu’une plage à offrir, alors qu’ils négligent certaines villes ou villages aux centres très agréables et vivants et où nous coutoyons la vie des Turcs.
C’est typiquement le cas de Kas, aux places ombragées où nous prenons un café au coté des habitants et mangeons dans les « cantines » qui offrent un plat familial pour quelques Lires.


Alors qu’en voyageant en plein hiver nous craignions de trouver de nombreux sites fermés, bien au contraire, tout est ouvert pour les rares touristes étrangers et les quelques Turcs qui voyagent aussi. Nous profitons de la tranquillité et de la quiétude des sites qui doivent être bondés en saison vues les centaines de places de restaurant ou de parkings XXL qui attendent les touristes.
Nous profitons donc pleinement de la visite de la cité engloutie de Kekova, accessible uniquement par bateau depuis le charmant petit port de Uçagiz, ou Kaleüçagiz selon les cartes ( 36,19742 N, 29,84761 E) tout au bout d’une petite route en cul de sac. Il y a un bonne vingtaine de bateaux à attendre les clients, mais nous sommes seuls avec Francine et Lyonnel à faire l’excursion aujourd’hui sous un soleil printanier. Nous profitons tranquillement de la superbe baie et de ses îlots, sans aucune autre embarcation à l’horizon.

Le site n’est pas extrêmement spectaculaire mais c’est une curiosité de voir les murs de cette petite citée Lycienne qui se sont trouvés à moitié immergés sous 2 m d’eau claire suite à un tremblement de terre.

Même tranquillité pour visiter le château perché au dessus du petit village de Kelekoy sur une autre île.

A Chimaera (36,42971 N, 30,46489 E) près de Kinike, nous parcourons le chemin empierré de 1 km de long et 100 m de dénivelé pour déboucher sur un vaste espace nu d’où des flammes de méthane jaillissent ça et là au milieu des rochers.

Depuis le départ nous avons dormi exclusivement en stationnement libre souvent en pleine nature parfois sur des parkings tranquilles aux abords des villes. Nous n’avons jamais eu le sentiment d’insécurité, les Trucs sont cool, jamais un regard de travers, jamais l’impression de gêner. Parfois même nous avons rencontré l’agriculteur voisin pour lui signaler que nous stationnions juste pour la nuit, nous avons toujours reçu un bon accueil.

Demain nous quittons la côte pour rentrer dans les terres en direction de la Cappadoce ou nous risquons de retrouver un temps plus hivernal.
6 – En route vers la Cappadoce au centre de la Turquie
Voilà presque 2 mois que nous sommes partis, les cheveux poussent, il faut trouver un « barber » qui fait à la fois, la coupe pour homme et la barbe. Certains ne nous semblent pas engageants à la couleur grisâtre des serviettes qui sèchent sur le pas de la porte et à l’état du minuscule « salon ». En voici un qui attend sur le pas de la porte. Ce jeune coiffeur est très avenant, mais il ne parle pas anglais. Je lui explique que je souhaite une coupe légère mais il doit comprendre que je veux une coupe très courte… ce n’est pas grave ! Comme ça je suis tranquille pour 3 mois….
Bien que le temps se couvre progressivement, la route entre Manavgat en bord de mer, vers le lac Beysehir à l’intérieur des terres, par Bademilk, est superbe. Elle traverse de beaux reliefs avec des cols jusqu’à 1500 m. Nous sommes contents de changer de cadre après plusieurs semaines sur la côte avec trop souvent, résidences et hôtels de luxe !

Nous profitons d’un intermède beaux temps (mais bien froid !) pour faire des observations ornithologiques sur le lac. La chance nous sourit. Depuis une plateforme d’observation, outre foulques et grèbes en parade, nous distinguons trois Busards des roseaux. Visiblement, ils sont sur leur territoire. Deux d’entre eux font des allées et venues le long de la rive au dessus des roselières et s’y posent de temps en temps à proximité de notre point d’observation. Nous y passons l’après-midi et avec de la patience, nous arrivons à les photographier lors de quelques passages, disons à entre 50 et 100 m !
Beau bivouac au bord de l’eau, près de la roselière fréquentée par les pêcheurs absents ce jour là : 37,60908 N, 31,45226 E


Nous quittons le lac un peu à regret pour être à Konya le week-end. Le quartier du bazar en ce samedi après-midi attire la foule. Les gens se baladent autant qu’ils font des achats. Ce quartier très vivant a beaucoup de charme et une belle unité car tous les bâtiments ont la même architecture avec des menuiseries en bois vernis et les murs en crépis blanc. 37,86995 N, 32,49948 E

Le marché alimentaire est localisé dans un seul bâtiment où sont réunis tous les produits frais. Kadinlar Pazari 37,86837 N, 32,50122 E

Cette ville semble très traditionnelle car à l’inverse des villes que nous avons visitées précédemment, les femmes, ici, sont majoritairement voilées et les mosquées font le plein.
Ce n’est pas par hasard, car la communauté religieuse musulmane des Derviches s’y est implantée au XIII s. Le spectacle des Derviches-Tourneurs est une cérémonie religieuse. La musique, la danse, les prières accompagnent une forme de transe. Alors que durant l’état laïque instauré en 1923 par Ataturk, cette confrérie religieuse, les Soufis, était interdite, aujourd’hui, au centre IRFA, des représentations le vendredi soir et le dimanche après-midi sont gratuites. 37,87008 N, 32,51109 E.


Dans le plaine de l’Anatolie, des monticules inhabituels ont attiré l’attention en 1958, de deux archéologues. Ils ont révélé l’existante d’une des plus anciennes traces de sédentarisation en village entre -7000 et -5000 ans. Les fouilles ont mis à jour des habitations en moellons de terre, sans circulation entre les maisons. La vie se déroulait essentiellement sur les toits plats et les habitants accédaient à leur foyer par des trappes et des échelles. Les modes de vie socialisés et égalitaires ainsi que leurs expressions artistiques indiquent que cette population était très développée. Choses curieuses pour nous, ils enterraient leur mort dans la maison au milieu de la pièce de vie.


Le superbe musée à Catalhouk, ouvert en 2023 et pour l’instant gratuit, présente de façon interactive cette population passionnante. Le site des fouilles est aussi visible. 37,66550 N, 32,82824 E
Nous remontons encore le temps de quelques millénaires, avec un petit détour vers le cratère, ou plutôt les cratères, du volcan Meke Marr à Karapinar. 37,69268 N, 33,63769 E. Sous-estimé par les guides touristiques, le site est grandiose ! Un petit cône volcanique est le résultat d’une deuxième éruption au centre d’un premier cratère vieux de 4 millions d’années. Un lac, presque à sec, entoure le deuxième cratère.

Puis, nous traversons des plateaux vallonnés entre 1000 et 1300 m d’altitude. Les nuits sont fraîches, d’autant que progressivement la météo se dégrade. La campagne est toute grise. Elle ne s’est pas encore remise de la neige bien présente sur les sommets de 3000 m environnants et parfois encore dans les fossés.

Nous sommes sur la route de la soie. Il y avait un caravansérail tous les 30 km, soit une journée de marche (nos ancêtres étaient bons marcheurs!). Le plus grand et le mieux conservé de la région se trouve Sultanhani 38,24772 N, 33,54632 E. Il remonte au XIII s. Lorsque nous y sommes passés, il accueillait une magnifique exposition de tapis.



Notre première visite de village troglodytique à Yaprakhisar, 38,30126 N, 34,26327 E, est suivie d’une balade dans les gorges de Ihlara (38,23845 N, 34,30646 E) où se trouve une centaine d’églises troglodytiques dispersées sur une quinzaine de kilomètres. Nous n’en avons pas fait l’inventaire, d’ailleurs la plupart n’est pas accessible. Seules les plus spectaculaires en raison de leurs fresques sont visitables.
Elles datent du IX au X s.


L’art de creuser la roche s’exprime pleinement à Derinkuyu. Une cité souterraine a été aménagée pouvant accueillir 10 000 personnes sur 8 étages et 50 m de profondeur. Les populations agressées s’y repliaient pour échapper aux invasions. Toutes les fonctions sont présentes ; les étables en haut, les chambres et les fonctions vitales (stockage de vivres, cuisines avec cheminées, puits) juste en dessous, puis l’école et tout en bas l’église et le baptistère … fondamental pour éloigner le danger ! Les circulations se font par des boyaux de moins de 1,5m de haut et 60 cm de large sur plusieurs dizaines de mètres avec plus d’une centaine de marches… ça se mérite ! Ces villes servirent depuis l’époque Romaine jusqu’au début de XX s, pour échapper aux épurations ethniques (source Wikipédia)
38,37362 N, 34,73482 E

7 – La Cappadoce.
La Cappadoce est un des sites majeurs de Turquie. Les paysages de cette région sont extraordinaires, au sens propre.
15 ans après notre première visite au cours de laquelle nous avions randonné dans les vallées durant une semaine, nous en gardions un souvenir fort. Nous retrouvons donc avec plaisir les cheminées de fée et les falaises truffées d’habitats troglodytiques. Dans un contexte géologique original, l’érosion a sculpté des formes complexes dont bien sûr les fameuses colonnes aux formes d’asperges bien connues et évocatrices…

Il y a 12 millions d’années des volcans ont déposé une roche tendre, le tuf. Puis un couvercle basaltique plus dur a recouvert l’ensemble et formé le plateau supérieur. Des fissures dans ce couvercle ont permis à l’eau d’éroder le tuf, dégageant des pains de sucre et creusant les vallées. Nous nous baladons à pied dans ces gorges qui portent les doux noms de Love valley, vallée blanche, vallée rose, au milieu de reliefs aux couleurs pastelles qui font le charme de ce lieu unique.


La vue aérienne révèle l’ampleur du phénomène et la beauté du paysage. Le drone plafonnant à 120 m, nous misons sur un vol en montgolfière à plus de 500 m du sol afin de bénéficier d’un large point de vue.
Malheureusement ce jour là, le temps est couvert ! Néanmoins, c’est tout de même époustouflant.
La météo des jours suivants est à peine meilleure avec un temps hivernal. Nous sommes entre 1000 et 1200 m d’altitude, les températures nocturnes sont négatives, mais lorsque le soleil apparaît les oiseaux chantent et nous avons le sourire.


La campagne est sillonnée de chemins qui permettent de trouver de superbes bivouacs avec vue à 360 °

Le revers de la médaille de tout ce charme est que cette destination est victime de son succès mondial. Même en février, basse saison, nous n’avons pu retrouver la sérénité d’il y a 15 ans. Les quads, les queues leu leu de 4×4 d’agences de tourisme, sillonnent et labourent sans retenue les vallées. En haute saison ils sont des centaines par jours. Goreme n’est plus qu’une ville sans âme aux centaines d’agences de loisirs de consommation, d’hôtels et restaurants.
En s’éloignant un peu, nous pouvons observer plus tranquillement la particularité architecturale de la région qui est l’habitat troglodytique. Nous visitons des logements et des églises perdues dans les fonds de vallées où étaient inhumées les personnalités religieuses.
La citadelle de Uchisar, 38,63047 N, 34,80561 E, est en fait 2 ou 3 beaux pains de sucre troués de toutes parts qui abritaient une ville entière.

Ailleurs, ce sont des monastères troglo dont les cavités étaient dévolues à la vie des moines et aux églises peintes. La plupart date du XI et XII. Parmi eux, le monastère de Gümüsler 37,99798 N, 34,77216 E, la vallée et le village de Soganli 38,34777 N, 34,96667 E en accès libre.



Parmi les coups de gueule : Nous déconseillons le musée ethnographique de Goreme, très petit, très cher, avec un supplément pour voir le plus bel édifice, les photos interdites partout même au smartphone, certaines églises fermées et pour couronner le tout 15 cars de groupes très bruyants qui n’ont pas d’autres buts que de faire un maximum de selfies à la minute devant les entrées des grottes !La citadelle de Uchisar
Nous quittons la Cappadoce pour visiter d’autres superbes sites, parmi eux le caravansérail de Sarihan 37,71176 N, 34,90916 E.

8 – Retour prématuré.
Depuis le départ, d’importants dysfonctionnements du moteur se traduisant par des saccades, des fumées anormales et bien sûr toujours ce fameux message « défaut ABS, ESP », s’aggravent. Nous décidons de ne pas poursuivre vers l’Est avant d’avoir fait réparer. Nous retournons donc vers Ankara où il y a un grand garage Mercedes. Il est diagnostiqué une fuite du joint spy de l’arbre de transmission arrière droit mettant en défaut le capteur de vitesse de roue. Coup de chance la pièce est disponible.
Réparation faite dans la journée, super, tous les voyants sont au vert et plus de message. Nous reprenons la route plein est, confiant.
L’esprit enfin libre, nous profitons des superbes paysages des montagnes du Taurus et du plateau anatolien entre Sivas et Divrigi.
Mais, 800 km plus loin, douche froide ! De nouveau le message ABS, ESP et Re secousses. Après 4 passages chez Mercedes pour ces mêmes causes à Lyon, Kayseri, (où ils ont changé le capteur arrière gauche) Ankara, et maintenant Malatya, nous en sommes toujours au même point ! Électronique ? Connectique ? Faisceaux ? Matériel ? injection ? un mixte de tout ça ? Mercedes est incapable de nous le dire.
Cette fois, le message ABS ne disparaît plus. Donc pas de 4×4 et les secousses qui ressemblent à un défaut d’injection reprennent de plus belle ! Nous nous sentons vulnérables et sans 4×4, impossible d’affronter les pistes de Géorgie. Dépités, nous décidons de ne pas poursuivre. La mort dans l’âme, retour en France car Mercedes n’est plus d’aucun secours, incapable de sortir la tête de leur fichue valise, si elle ne voit rien, ils sont aveugles et bornés, à croire qu’il n’y a plus de tournevis dans un garage moderne.
1000 km plus loin à l’ouest, presque arrivés aux Dardanelles, arrêt café. Au redémarrage, impossible de faire 1m ! Les freins arrières sont bloqués. La rage ! Nos craintes sont confirmées.
Après plusieurs vaines tentatives, nous nous résignons à appeler l’assistance Mercedes que nous attendons encore ! C’est l’assistance de la mutuelle qui est intervenue avec efficacité et notre Mobilcub est mis sur un plateau, direction Bursa (200 km à l’est)… Devinez où ? Chez Mercedes.!!!!!!. Re-valise, Re-capteur arrière défectueux. Le 3ème en 1 an. La pièce n’est pas en stock et il faut 4 jours pour l’obtenir, merci Merco. Mais moi je l’ai ce capteur ! Car l’expérience du Maroc en 2022 fait que je suis parti avec tous les capteurs. Ce n’est pas une valise diagnostique qu’il faut emporter, mais une valise de capteurs. Puis, nous reprenons la route avec les secousses qui persistent. Enfin, nous arrivons à la maison, sans autre encombre. Maintenant, ne reste plus qu’à remédier à tout cela pour pouvoir repartir.
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9 – C’est reparti pour un tour
juillet 2024
Le camion réparé, les humains requinqués, les procurations qui vont bien et c’est reparti pour un tour. Nous ne savons pas encore précisément quel tour, mais le principal est de partir. Pour l’instant direction la Grèce et nous nous présenterons à la frontière Turque sans certitude de pouvoir re-rentrer : Il semblerait que le véhicule ne puisse pas effectuer 2 séjours consécutifs, mais selon des témoignages cette règle n’est pas toujours respectée. Nous tenterons la chance après un délai de 180 jours suivant la date d’entrée du premier séjour.
Pour l’instant nous flânons en France en visitant des sites d’oeuvres « d’art brut » nommé aussi « art hors norme », réalisées par des artistes instinctifs en dehors de tout cadre institutionnel.
Le premier, dans l’Yonne, le musée de la Fabuloserie accueille une collection exceptionnelle d’art brut constituée par Alain Boubonnais avec, entre autre, le célèbre manège d’automates de Pierre Avezard dit « Petit Pierre ». Les géants à l’intérieur du musée, tout comme les oeuvres du parc, ne peuvent laisser indifférents et nous ont conquises ! 47,93311 N, 3,10682 E


Nuit possible sur le parking, en herbe, du musée.
Nous poursuivons avec la cathédrale de Jean Linard à Neuvy-deux-clochers dans le Chers. Des constructions mystiques faites de matériaux de récupération et des sculptures riches en couleurs meublant un vaste espace au milieu des arbres. Nous y restons plus de 3 heures tellement il y a à voir. Par contre les propriétaires ne sont pas accueillant pour les camping-cars et nous sommes priés de quitter la grande prairie en herbe à la fermeture du musée où pourtant les visiteurs ne sont pas pléthore. 47,28901 N, 2,62978 E


Le Palais du facteur Ferdinand Cheval, à Hauterives dans la Drome, est un édifice tout aussi délirant, c’est un enchevêtrement de formes et de personnages en béton assemblées avec la poésie d’un homme simple, édifié pendant 30 ans à la force de ses poignets. Mais ici par contre, beaucoup de monde dès l’ouverture. Presque impossible de prendre des photos tant le palais est rempli de visiteurs enthousiastes, il est préférable de visiter dès l’ouverture ou en hiver. ! 45,25632 N, 5,02842 E


10 – Direction la frontière Turque.
Nous avons 4 jours devant nous avant d’embarquer sur le ferry à Ancone vers Igouménitsa. Nous en profitons pour revoir les centres anciens qui nous avaient tant séduits lors des voyages précédents.
Déambuler sous les arcades, traverser ces immenses « piazzas » entre le « duomo » et les belles terrasses de cafés ombragées pour déguster un expresso qui vous réveille pour la journée, regarder les gens aller et venir, admirer les élégantes et les élégants avec leur légendaire classe italienne… mais qui disparaît progressivement, et bien sûr, d’admirer ces chefs d’oeuvre de l’art religieux baroque.



La chaleur nous accable, 35 à 38 aux heures les plus chaudes. Venant de France qui plafonne à 20°, le contraste est violent. La recherche de l’ombre est un impératif.
Nous ne ferons pas de grands détours, nous avons sur notre route Piacenza, Parme, Modene et Bologne. A l’exception de Bologne où il est impossible de stationner, dans les autres villes, les grandes avenues bordées de hauts arbres offrent du stationnement à l’ombre sans problème. De là nous gagnons le centre ville à pied.
Dans la région de Piacenza, bivouac nature sous les arbres au bord de la rivière : 44,91042 N 9,6844 EA Parme nous assistons par hasard à un concert gratuit d’un choeur d’étudiants de l’université de Cambridge, dans une église du centre.

Puis nous regagnons à pied un parking tranquille P4N tout près du centre : 44,80305 N, 10,34390 E
La côte Est entre Rimini et Ancône n’est qu’une succession de stations balnéaires. Nous avons eu la chance de trouver une place sur un parking avec de nombreux CC en bord de plage, c’était inespéré. Nous en avons profité pour prendre un bain en soirée. L’eau à 30° nous a quand même rafraîchie un peu : 43,73789 N, 13,18880 E
Embarquement avec la compagnie Anek Line en pont ouvert. Direction Igoumenitsa.
Nous traversons rapidement la Grèce avec une étape à mi-chemin dans le secteur des Météores. Ce site extraordinaire mérite bien une petite halte tous les 10 ans. Nous l’avions visité en détail lors du voyage inaugural du Mobilcub. Mais cette fois, l’affluence avec ses longues chenilles humaines nous conduit à renoncer à la visite.


Près de Kavala, Un autre superbe bivouac comme on en rêve, directement sur la plage, sans interdiction, avec quelques autres CC distants. : 40,87548 N, 24,31573 E

Nous abordons la frontière Turque avec un peu et même beaucoup d’inquiétude car nous ne savons pas précisément comment sont interprétées les règles de 90 j et de 180 j pour le véhicule. Nous ne sommes pas sûrs de ne pas être refoulés !
Pour commencer, 3 h d’attente à la douane Grecque, sous le soleil. Heureusement la brise permet de supporter la chaleur. Puis 1 h à la douane Turque.
Verdict ; nous avons une autorisation pour 44 jours de présence en Turquie. Youpi ! Notre persévérance a payé. En fait, c’est le reliquat du séjour précédent à concurrence de 90 jours.
Après les démarches d’usage, monnaie et carte SIM, nous trouvons un bivouac près d’un petit lac, merci P4N : 40,94383 N, 26,65953 E.
Un berger nous fait la conversation le soir, un autre le lendemain matin, accompagnés peut-être des mêmes moutons… De plus, le milieu est propice à l’observation des oiseaux. Nous voyons entre autres des cigognes blanches et, plus rares, 2 couples de Guêpiers d’Europe.




Nous nous dirigeons vers l’est là où nous avions interrompu le voyage en mars. De plus l’altitude des hauts plateaux d’Anatolie nous apporterons nous l’espérons un peu de fraîcheur.
11 – Au coeur de la Turquie.
Notre première étape est à Sofranbolu, superbe ville de style Ottoman. Cette ville de marchands tire sa richesse de sa situation sur la route de la soie, comme en témoigne son architecture dont le caravansérail, transformé en bar à douceurs. Maisons blanches à plusieurs niveaux, façades à encorbellement et petites fenêtres en bois sombre. Certes la ville est très touristique mais sa situation au creux d’une vallée encaissée et ses vieux quartiers valent bien d’y passer quelques heures. Dans une ruelle, une charmante vieille dame nous sert un café turc dans un rutilant service. Malgré la pression touristique, les turques sont toujours aussi accueillants.




Sur la route nous stationnons pour la nuit à Korgum, sur un petit parking à proximité du commissariat de police. Inévitablement un policier nous rend visite pour nous demander ce que nous faisons là. Une fois expliqué, il nous souhaite la bienvenue et assure sa protection. Un quart d’heure plus tard il revient pour nous inviter à partager le thé accompagné d’une tranche de cake maison, dans leurs bureaux. Il sont tous trois très conviviaux et nous bavardons pendant une bonne heure. Et pour finir l’inévitable selfie devant l’enseigne du commissariat.
Puis, nous visitons le site antique très ancien à Hattusa situé sur les hauts plateaux à 1200 m d’altitude, capitale du peuple Hittite qui occupait la région entre l’Anatolie et l’Irak de -2000 à -1000. Cette gigantesque ville de bâtisseurs était entourée de plus de 6 km de rempart intégrant palais et temples. Il faut un peu d’imagination mais l’ampleur du site et les vestiges donnent une idée de l’importance de la ville.

Nuit gratuite pour le prix d’un dîner pris au « camp Hitit nature park » près de Hattusa. Le nom de camping est un peu excessif car il n’y a pas d’eau courante et les sanitaires sont plus que rudimentaires mais l’accueil est sympathique et le dîner très bon. 40,02646 N, 34,62791 E
Paysages des hautes plateaux



Retour à Malatya après nos déboires de mars et le retour forcé, bien décidés cette fois à visiter la ville. Mais de nombreux bâtiments touchés par le tremblement de terre de février 2023 ont été démolis. La ville ressemble à un immense damier avec de très nombreux vides correspondant à des bâtiments isolés mais aussi à des quartiers entiers; plus de bazar, plus de marché aux abricots, spécialité locale, le musée ethnographique et le musée de Battalgazi sont fermés pour travaux… Désolation devant la perte de ce patrimoine culturel. Les commerces des immeubles démolis sont installés dans des bungalows en bord de boulevard et à la sortie de la ville des camps de milliers de bungalows abritent les sinistrés. Ouf ! l’extraordinaire musée des appareils photos a été épargné et vaut vraiment la visite.
Nuit dans un jardin public où les CC sont acceptés. Désert en mars, ce soir il est fréquenté par des centaines de turques qui viennent prendre le frais en famille jusque tard dans la nuit. Nous nous sommes mis à l’écart et les familles ne sont pas trop bruyantes, nuit tranquille. Sur la route de Battalgazi 38,36833 N, 38,36968 E.
A l’écart de la ville, le site de Arslantep, date de la première moitié du millénaire avant notre ère. Il ouvre au public les vestiges d’une ville, d’un palais et du premier centre administratif organisé connu de cette époque. Les vestiges de la ville en terre ne sont pas très spectaculaires. Visite libre.

En route, alors que nous étions sur le bas coté en train de prendre notre café, une voiture s’arrête à notre hauteur pour vérifier que nous n’avons pas de problème puis après quelques échanges nous invitent à déjeuner. Nous passons un bon moment avec une partie de leur famille et goûtons une grande diversité de plats !

Nous nous rendons ensuite au site Nemrut Dagi. En -31 de notre ère, au sommet d’une montagne isolée à 2150 m d’altitude des monts du Taurus, un petit roi mégalo, très pieu, Antiochos 1er souverain d’un petit état qui nous était jusqu’alors méconnu, la Commagène, a fait ériger un gigantesque tumulus artificiel de 50 m de haut et 150 m de diamètre pour sa sépulture. Sur 2 terrasses accolées au tumulus des méga-sculptures représentent des dieux aux cotés du roi, de la reine et d’animaux protecteurs. Les têtes finement sculptées sont tombées suite à des tremblements de terre.


La visite de la terrasse ouest au coucher du soleil est considéré comme le must mais la fréquentation est à la hauteur de la réputation. Nous avons dormi sur le parking et refait la visite le matin avec pour nous tout seul, le roi, les divinités, au centre du monde !


Accès au site depuis Malatya par une spectaculaire petite route perdue dans la montagne. Elle figure sur OSMAND mais pas sur dans les navigateurs ou bien en faisant le grand tour plus long de 150 km. Ensuite l’accès au site se fait par une route en bon état mais très raide. Elle passe par le pont romain à Burmapinar 37,93274 N, 38,60858 E, et le château médiéval à Eski Kahata, qui valent vraiment le coup d’oeil.
Sur la route du lac Van, pose à Diyarbakir. La ville n’est pas mentionnée dans les guides et pourtant le centre est très vivant avec un superbe caravansérail qui accueil un bar au frais et est entouré d’un souk traditionnel.

Tout aussi frais, un très beau restaurant, très chic, très bon, sous une coupole impressionnante au prix très raisonnable 750 Lt environ 22 € pour 2 ! c’est le Firin-ci : 37,91349 N, 40,23676 E.
Dans cette région sud la température de 40 ° le jour et 30 à 33° la nuit, nous oblige à organiser nos journées différemment, visite le matin, route aux heures chaudes, ou pose à l’ombre. Le soir veillée toutes fenêtres ouvertes. Ensuite nous rejoindrons la région est du lac Van beaucoup plus fraîche.
Vue depuis le bivouac
12 – Au pied du mont Ararat.
Nous voici arrivés dans des régions plus clémentes coté température ! Elle n’excède plus les 30° et nous en profitons donc pour passer une petite journée tranquille face au lac de Van dans une « aire de pique-nique et baignade » proche de Tatvan (200TL soit environ 4€), mais guère plus propre que d’habitude. Tatvan camp 38,52868 N, 42,31456 E
Puis route vers le cratère de Nemrut-Dagi au nord du lac Van.
Absolument superbe ! Un peu de touristes turques dans l’après midi autour du lac principal, mais le matin et le soir le site est désert… enfin… pas tout à fait puisque les ours rodent, nous avons durant la nuit une visite inattendue, captée par notre caméra infra-rouge que nous installons lorsque nous bivouaquons en pleine nature. Il a été très discret, nous n’avons rien entendu et dormis comme des loirs ! 28,63140 N 42,23917 E



Nous quittons un peu à regret ce site exceptionnel par la piste est, mais il nous reste tant de choses à voir

Notre nouveau bivouac nature au nord du lac van, nous oblige à bagarrer avec des nuées de moucherons qui s’incrustent partout, passent au travers des moustiquaires et des bouches d’aération. Nous grignotons dans le noir pour limiter l’invasion, remettant au lendemain le nettoyage du cub ! 38,95910 N, 43,61,190 E
Après un arrêt pour visiter une charmante petite mosquée qui n’est pas sur les guides, nos étapes suivantes sont consacrées au patrimoine moyenâgeux: tout d’abord le cimetière de Ahlat dont les milliers de tombes Seljuk datant d’après le XI siècle, sont éparpillées un site immense. 38,74265 N, 42,45917 E .

La route nous porte ensuite encore un peu plus vers l’est pour visiter le palais de Dogubayazit, remarquable tant de par son site que du point de vue de son architecture, reflet de son multiculturalisme Ottoman, SeJuk et Arménien.


Séance photo de mariage dans un jardin public, le couple accepte de bonne grâce que nous les photographions

Puis nous passons la nuit au pied d’un lieu mythique, le mont Ararat, non loin des frontières arménienne et iranienne, au milieu des bergers et des fermiers kurdes qui ramassent les foins.


En empruntant une petite route vers Digor, qui devient vite une piste, un trou au milieu de la voie, dans un village, nous oblige à faire demi-tour. Nous sommes l’attraction. Les habitants viennent nous renseigner puis très vite nous invite à boire le thé. Toute la famille et progressivement les voisins de ce village qui ne compte qu’une vingtaine de personnes, se rassemblent. Grace à google-traduct nous échangeons quelques infos sur nos modes de vie respectifs. Ici, seuls les hommes et les invités sont assis à la table, mais les femmes restent présentes et participent.

Dans ces plaines immenses que nous traversons, qui n’ont rien à envier à la Beauce, la moisson bat sont plein avec de nombreux troupeaux de vaches ou de moutons. Le cheval a toujours sa place.

Arrivés en fin de journée au site de Ani, nous nous installons sur le parking pour profiter tôt le lendemain, de la lumière du matin. Mais l’armée vient nous déloger et nous sommes obligés de dormir dans une station service glauque, à plus de 10km. Il faut dire que le site est sur la frontière arménienne…
L’élevage est très important dans cette région de pâturage. Au fond le mont Ararat.
La visite du site, chrétien à l’origine, qui date du Xème siècle plusieurs fois ravagé par les invasions successives et les tremblements de terre, nous laisse dubitatif tant il est dégradé du fait d’une absence de gestion. 40,50816 N, 43,57257 E

Kars est une ville très vivante, avec beaucoup de jeunes, où la religion semble laisser plus de liberté aux femmes. Ce qui n’empêche pas la présence de nombreuses mosquées dont la plus grande, au centre, d’une architecture lumineuse, très contemporaine. Une autre plus ancienne en basalte qui a la particularité d’accueillir les 3 religions monothéiste de la région avec 3 portes, une porte orthodoxe, une porte chrétienne et une porte musulmane.


Plus au nord, le ravissant lac de Cildir, perdu dans un paysage sauvage et verdoyant, à 2000 m d’altitude a des allures de lac Écossais. C’est aussi un repère ornithologique et une étape sur la route migratoire du Pélican blanc qui nous survole pendant notre pique-nique.

Nous passons un agréable moment sur cette route du bout du monde avec un couple de motards Avignonnais qui taille la route entre deux visites et bivouaquent en pleine nature en direction de la Géorgie.
En sillonnant par les petites routes et les pistes agricoles cette région de hauts plateaux vallonnés à 2000 m d’altitude le long de la frontière Arménienne, nous traversons bon nombre de villages, aux habitations très pauvres et rudimentaires, dont l’élevage semble la principale activité. Les troupeaux de vaches moutons et oies déambulent tranquillement sur les routes et chemins.


les oies sont présentes dans toutes les cours de fermes avec le reste de la basse cour.
13 – Nous sommes en Géorgie
L’envie était trop forte si près de la frontière, de ne pas faire un petit tour en Géorgie.
Mais avant de vous faire partager la Géorgie, il nous reste quelques étapes en Turquie.
Autour du lac de Cildir, balade ornitho avec l’agréable surprise d’observer des Tadornes de Casarca et un Bihoreau.


Dans la montagne sur la très belle route D010 entre Ardahan et Savsat nous découvrons un village de maison en bois, le plus surprenant étant qu’elles sont encore habitées. 41,20685 N, 42,48326 E.

Ardanuc est une ville très moderne sans intérêt, tout comme les châteaux mentionnées dans les guides, mais dont les ruines de ruines sont à peine perceptibles sur leurs pitons rocheux et inaccessibles. Bref, ne valent pas le détour !
Maintenant direction la frontière Géorgienne par la côte de la mer noire. Les possibilités de bivouacs sont réduites entre la plage, la route, la falaise et les hôtels. Nous demandons à stationner sur le parking d’un d’entre eux, cela nous est accordé gratuitement. Nous dînons au restaurant, cuisine très moyenne mais le cadre est superbe. Hôtel Akacia à Kemalpaça 41,49421 N, 41,53050 E.
Passage de la frontière sans difficulté en 1h. Ce qui est déroutant, c’est que le passager sillonne à pied, moult couloirs et bureaux alors que le véhicule et le chauffeur passent par les guérites, sans aucune possibilité de communiquer l’un avec l’autre.
Dès Batumi, premiers contacts avec la conduite automobile Géorgienne… comment dire : kamikaze ! En montagne rouler à droite est une gageure car ils roulent un coup à gauche, un coup à droite, un coup au milieu, et doublent bien sûr sans visibilité, voir en 3eme position ! Le chapelet est pendu au rétroviseur mais vu l’état des carrosseries et des nombreuses voitures accidentés, il ne semble pas très efficace.
Premières préoccupations se munir de monnaie, le Gel (3,30 Gel pour 1 €) et d’une carte SIM. Celles-ci sont un peu difficiles à trouver, les magasins (cellfie) sont rares : Voici celui que nous avons trouvé : 41,63246 N, 41,61204 E.
Le tout en poche, nous allons visiter la forteresse de Gonio, bof, intérêt limité.
Puis nous prenons la route vers l’est, dans le petit Caucase, une chaîne de montagne de 2000 m aux versants très abruptes et aux petites routes très pentues et aériennes. La particularité de ce secteur sont les petites mosquées de village en bois et les ponts en pierres ultra fins, de 1000 ans. D’ouest en est, ceux que nous avons trouvés et visités grâce au guide Ountravela :

Pont en pierre près de Zeda Makhuntesi 41,57073 N 41,86005 E, pas de photo.
La mosquée de Kolotauri : fermée



Dans un des villages, en descendant du Mobilcub, un papy nous invite à boire un café. Il nous emmène chez lui, nous fait visiter son vivier à truites, ses ruches, son poulailler. Sa dame nous sert une copieuse collation avec 3 sortes de très bons fromages, du caillés du liquide au solide, du café, du thé, du miel maison… l’alphabet géorgien limite Google traduc (bonjour = Დილამშვიდობისა ), c’est donc le petits fils qui parle en peu anglais qui fait l’interprète. Un bon moment de convivialité.


La route du col de Goderdzi est très fréquentée. Nous l’empruntons un dimanche après midi lorsque les Géorgiens rentrent vers Batumi. Rien d’exceptionnel… en principe. Mais sur une bonne vingtaine de kilomètres, la « route » est encore à l’état de piste bien défoncée car les travaux s’éternisent. Alors là, c’est le spectacle ! Entre les berlines qui roulent au pas, les berlines qui foncent tant bien que mal et les SUV cossus qui font bien sentir à la populace qu’il faut leur céder la place, c’est le plus gonflé qui passe. Parfois il n’y a qu’une voie, tout le monde force jusqu’au blocage dans la poussière, à coups de klaxon… jusqu’à ce qu’il y en est un qui accepte de reculer… Mais pour un Géorgien laisser passer ! Jamais de la vie mon statut de mâle ne l’accepte pas.

Nous sillonnons les vallées d’alpage où les habitations sont dispersées. Plus encore qu’en Turquie, de nombreuses maisons en bois au confort sommaire sont habitées.


14 – Au Travers du petit Caucase Géorgien.
Aout 2024
Le petit Caucase se situe en sud de la Géorgie le long des frontières Turque et Arménienne.
En descendant sur le versant est du col de Goderdzi, nous quittons les vallées encaissées de l’ouest pour des espaces plus ouverts propices au pâturage et à l’habitat rural. Là encore des maisons en bois au confort plus ou moins « rustique ».


A Abastumani, les maisons sont somptueuses dans ce village où, à la fin XIXeme, l’élite venait accompagner le tzar lors de ses séjours dans l’établissement thermale. La rénovation en cours des jolies maisons en bois ouvragé n’éclipse pas le délabrement des autres bâtiments. Elles donnent une étrange impression de musée, pas vraiment habité, mais où il fait bon se promener…. 41,73329 N, 42,83194 E

Akhaltsikhe est une ville moyenne où nous pouvons trouver quelques ravitaillements dans les petites supérettes. La variété de produits n’est pas pléthorique (et si vous n’aimez pas les saucisses, vous ne serez pas gâtés) mais nous ne mourrons pas de faim. La ville est dominée par une énorme forteresse du XII à la restauration un peu « excessive »… La visite est néanmoins plaisante. Le musée expose des collections impressionnantes d’objets retrouvés lors des fouilles dans toute la région. Bijoux, armes, outils, monnaies….

La forteresse attire les touristes donc les hôtels et restaurants y sont plutôt moins rares que dans les autres villes. Nous gouttons aux plats traditionnels chez Mimino, accueil sympa en anglais, bonne cuisine dont l’aubergine aux noix et le Khatchapuri, une galette fourrée de 2 fromages avec oeuf et beurre, délicieux mais un peu riche ! restau Mimino : 41,64342 N, 42,97834 E
Par la piste 14 du guide Ountravela, nous sillonnons les plateaux arides à 1700 m entrecoupés par des gorges verdoyantes. Partout les paysans font les foins avec des moyens plus ou moins mécanisés et les bras restent largement sollicités.


Descente sur Vardzia par une belle piste raide et bien ravinée, beau paysage dominant la vallée, mais la conduite ne laisse pas trop le loisir de le contempler.

La vallée et superbe, les méandres de la rivière jouent avec le soleil.

La ville troglodytique constitue l’attrait majeur qui nous mène ici. Ville au XII, puis monastère, sa situation dans la falaise est extraordinaire. Les différents tremblement de terre ont fait tombée les façades mettant à nu les alcôves. Hormis l’église peinte comme nous en avons vues en Turquie, l’intérêt de la visite tient principalement dans la déambulation le long de la falaise. Sujet au vertige s’abstenir malgré les bonnes protections. 41,37945 N, 43,28305 E

A khertvisi, encore une jolie petite forteresse, plus modeste, mais sa position sur un piton entre 2 rivières lui donne des allures de proue de bateau.

Un gars au sourire avenant nous propose de dîner dans son restaurant qui ressemble plus à son arrière boutique. Nous mangeons un bon ragoût de moutons façon soupe garnie, accompagné d’un jus des pêches de son jardin. Les bras collent un peu sur la table au milieu du désordre, mais nous nous régalons.

Le village de Gorelovka à quelques kilomètres de la frontière Arménienne abrite une communauté de chrétiens, les Doukohobors, expulsés de Russie par le Tzar, au 19éme, pour désaccord politique. En effet, ils étaient anarchistes… Ils ont apporté avec eux leur méthode de construction de maison en bois dont il reste quelques exemplaires. 41,21471 N, 43,69330 E

Le tour du lac Paravani par l’ouest (piste 12) nous offre l’occasion de faire des observations d’oiseaux intéressantes. Nous traversons un village de pêcheurs dont les maisons ont les toits couverts d’herbe. Beau bivouac nature 41,42859 N, 43,78055 E



En parcourant la montagne entre Manglisi et Dzegvi nous arrivons sur un curieux mémorial au mont Didgori qui célèbre la victoire des Géorgiens sur les Seljuck en 1121, bataille qui fait la fierté nationale. 41,76034 N, 44,50810 E

Mtskheta est un haut lieux religieux orthodoxe. Les gens viennent de loin pour suivre les offices et embrasser les murs de l ‘église et les icônes, au sens propre… ou plutôt sale…, car les vitres de protection sont bien grasses.

Les Popes aux longues barbes et aux ventres bien rebondis, surveillent le respect du code vestimentaire ; pour les femmes, tête et jambes couvertes mais il semble qu’ils tolèrent les décolletés plongeant et jupes fendues notamment de la mariée et de ses témoins.

Ce dimanche, les mariages défilent, 3 en une heure de visite. Cependant le site de l ‘église entourée de remparts est intéressant et l’église présente de belles peintures. bivouac en lisière de bois dans un pré proche du centre ville 41,84311 N, 44,72562 E
D’une vallée à l’autre, les monastères s’enchaînent : Shiomghvine, Samtavisi, kintvsi parmi ceux que nous avons visités, il y en a, à tous les coins de vallées. Les intérêts sont variables, une fois ce sont les peintures, une autre fois les sculptures ou le site… Popes, moines, ou nones sont toujours présents, c’est une fonction qui semble avoir de l’avenir en Géorgie !


15-Géorgie : pour le meilleur et pour le pire.
Un autre grand site troglo de Géorgie est Uplistsikhe. Il a été occupé depuis l’age de fer jusqu’au moyen age. C’était une immense ville de 20 000 âmes avec son monastère qui dominait la vallée. Encore une belle balade de trous en trous. Les explications sont maigres, ici une église avec une nef creusée dans la roche, ici une cave à vin, ici un lieu de réunion… L’église qui domine l’ancienne ville fait partie des images de la Géorgie. 41,96713 N, 44,20751 E,

La petite église de Samtavisi, très étroite mais très haute, coiffée une coupole au sommet de la tour centrale, offre de belles peintures et surtout de fines sculptures sur les façades. 42,00708 N, 44,41007 E

Staline était natif de Gori en Géorgie alors province russe. Un musée lui est consacré. L’ambiance y est froide comme il se doit, la muséographie d’un autre age : les documents affichés à 3 m du sol sont illisibles ! Si vous souhaitez quelques explications en Anglais, pas d’autres moyens que de suivre une visite guidée.
Tout ce qui est le coté « petit père du peuple » est bien expliqué quand ce qui concerne les purges et les goulags n’est que succinctement évoqué. 41,98724 N, 44,11394 E

Borjomi est une ville de montagne où les Turques nantis viennent en villégiature prendre le frais dans un grand parc au bord d’un torrent bordé de quelques anciennes belles maisons en bois . Une des attractions est le téléphérique tout droit sortie des années soixante, qui nous mène en altitude pour une balade dans la forêt.


Nous retrouvons Pascale et Gérard qui sont aussi en Géorgie, le temps d’une soirée et d’un bain dans un hot-pot d’eau sulfureuse à 40° sous un soleil ardant. Le dernier que nous ayons pris ensemble était en Islande, la température de l’eau, semblable, sentant aussi le souffre, mais l’air était à 5° ! 42,10442 N, 42,58707 E

Le centre ville de Kusaisi est comme beaucoup de sites, en travaux. La faible activité du chantier laisse présager encore quelques années, voir décennies de dérangement. Cela ne nous empêche pas d’admirer la magnifique fontaine où sont reproduites des statuettes découvertes dans divers fouilles en Géorgie.
Le centre ville est très animé notamment dans le grand marché couvert.

Le sourire de quelques commerçants contraste avec la mine le plus souvent fermée et l’indifférence générale de la plupart des Géorgiens.

Située sur les hauteurs de Kutaisi, la cathédrale Bagrati a été lourdement restaurée et les architectes ont fait le choix courageux de traiter en matériaux contemporains les parties manquantes des murs et des colonnes, dans le respect de la structure originelle de l’ouvrage.
Dans l’église le foulard reste la consigne vestimentaires de base, pour le reste l’application est à géométrie variable.


Les vieux camions russes semblent indestructibles. La fumée n’est pas très euro 6 ! Mais pas de problème d’ADBLUE



A coté des grosses berlines allemandes rutilantes, de nombreux véhicules témoignent d’une conduite à risque ! maints pares-chocs sont démontés préventivement car la circulation locale les expose à de fréquents remplacements. Les voitures sont cabossées de tous les cotés, et il n’est pas rare de les voir complètement hors d’usage sur les dépanneuses. Pour le conducteur Géorgien, chaque centimètre gagné sur le voisin est une victoire et témoigne de l’individualisme qui règne sur la route au mépris du risque. Dépassement sans visibilité, vitesse excessive, vroom, vroom assourdissant en ville, la « bagnole » est reine.

La ville de Batumi est très contrastée ; des quartiers périphériques, tristes et austères et le front de mer, vitrine de la ville voire du pays. Squares, belles places, immeubles contemporains, quartiers anciens « bobo », restaurants.


Ce bel apollon doré semble se désintéresser de l’état de délabrement des logements collectifs que nous avons constaté dans tout le pays. Pour nous, le plus choquant est l’état des écoles que nous croyions désaffectées avec vitres et portes cassées sur terrains en friche, mais qui en fait sont ainsi dans toutes les villes et villages.

Une très belle route monte de 200 à 2000 m d’altitude en 15 km pour desservir ce curieux village de Gomismta 41,82666 N, 42,15500 E.


Originellement, village d’alpage avec des maisons en bois où vivent encore de nombreuses familles, il devient aussi petit à petit, un lieu de villégiature où les gens viennent prendre le frais. Heureusement, les maisons neuves sont construites dans l’esprit et la volumétrie des maisons traditionnelles.
Fin de l’épisode Géorgien, retour vers la Turquie.

16 – Poursuite du voyage en Turquie par la côte de la mer noire.
Lors du passage de la frontière en 1 heure, nous retrouvons avec plaisir l’amabilité des douaniers Turcs qui contraste avec l’attitude des douaniers Géorgiens à la limite de la correction.

Le climat chaud et humide lié la présence de la mer, en témoigne le brouillard fréquent, est la condition qui permet le développement de cette culture. Les ondulations de cette petite plante basse vert vif s’étendent sur les reliefs très escarpés peu favorables à d’autres exploitations. Elles s’enserrent entre les constructions.


Partout ce ne sont que champs de thé ; les collines, les jardins des maisons, les bords de routes en sont couverts. Les petites voies qui desservent la moindre parcelle sont très pentues et très étroites nous obligeant parfois à rebrousser chemin ! Sur ces pentes abruptes, les déplacements pour le travail n’est pas facile et pour transporter des charges il a été mis en place des câbles avec treuils manuels.

L’église de Dortkiliste est perdue dans la montagne au bout d’une petite route… au bout du revêtement en bitume. Noyée dans la végétation, elle a le charme d’un trésor enfoui. C’est le reste de la grande l’église d’un monastère Géorgien du 10ème s. 40,81519 N 41,47110 E


Le monastère de Sumela est, tout au contraire, l’attraction régionale . Cela implique affluence et prix d’entrée prohibitif : 20 €/pers + parking payant + navette payante pour atteindre le monastère. Le site est spectaculaire. Construit à flan de falaise, il n’est visible qu’entre les arbres à de courts moments de la montée. Impossible à observer et à photographier. L’intérieur du monastère et surtout les fresques de l’église sont intéressantes mais la rangée de touristes clownesques en train de se prendre mutuellement en photo enlève tout plaisir. Bref, à visiter en hiver ! 40,69003 N, 39,65834 E
Trabzon une belle ville animée avec son grand bazar et sa petite mosquée.
Le bivouac est difficile sur la côte. P4N indique un port où il est possible de stationner la nuit. Nous y passons le portail grand ouvert et circulons dans l’enceinte à la recherche d’un coin tranquille. Le patron du port vient à notre rencontre en nous demandant de le suivre car certains endroits sont fréquentés par des « Some men are drinking » textuellement. Il nous conduit au bout du quai à coté de la cabane des gardiens pour nous mettre en sécurité. Quelle attention ! Un des employés nous invite à prendre le thé et nous bavardons dans un anglais sommaire pendant une heure. Le lendemain matin, d’autres nous convient à nouveau à boire le thé, mais ne parlant pas anglais les échanges sont très limités mais illustre la culture de l’accueil des Turcs. Port de Çarsibasi 41,08186 N, 39,37076 E


Par le réseau, merci Lyonnel, nous avons connaissance d’un carrossier à même de donner un coup de Polish sur le mobilcub. En effet, sa peinture commence à pâlir après ces années passées au soleil et de nombreuses branches pas très sympathiques qui se sont chargées de dessiner des lignes parallèles sur la carrosserie et les fenêtres.
Rendez-vous est pris pour le lendemain 8h et après 1 jour de travail à 2, il ressort nickel, brillant avec un beau bleu gris comme au premier jour. Coût modique de 400 € pour un travail soigné. Le jeune patron et son père nous accueillent avec thé, café, collation à midi et bureau climatisé ! Il fait au moins 33 dans l’atelier.
Entreprise YILDIRM KARISOR , sanayi tekkekoy, 105 sokak, SAMSUN 41,23444 N, 36,42978 E

Amasya est une belle ville avec un quartier ancien Ottoman côtoyant, mosquées, tombeaux, restau. Nous y mangeons un de nos derniers Iskender, le plat traditionnel : Viande de doner, tomates en rondelles, sauce tomate, morceaux de pain mélangés à la sauce et une bonne cuillère de yaourt. Délicieux 40,65033 N, 35,83292 E

Alexandrine déniche toujours un magasin de laine ou de tissus dans chaque pays visité. Il faut toujours garder un petit coin de placard disponible pour y loger les nombreuses pelotes de laine et tissus qu’elle ramène.


Tarakli est une autre petite ville Ottomane, discrète, sans la richesse des citées touristiques et la manne financière qui permettrait la restauration des maisons.

Le choc des cultures : Bursa.


Une des villes les plus agréables que nous ayons visité en Turquie. Plusieurs caravansérails aménagés en cafés ombragés, Immense bazar bien organisé, 40,18501 N, 29,06704 E. De belles mosquées dont la mosquée verte 40,18221 N, 29,07464 E, et de multiples places.


Le musée du costume présente une belle collection de vêtements mais la présentation ne les met pas en valeur, sans aucune information sur les objets exposés. 40,19187 N, 29,04592 E
Nous ne sommes pas seuls à retourner en Europe en cette fin août, les expatriés Turcs rentrant aussi, les plaques affichent D, F, A, B, et le passage de la frontière a duré 5h.
Nous quittons la Turquie, riche de belles découvertes. Il y a une grande variété de paysages et de patrimoines. La population est très accueillante. Le bivouac facile. Nous avons dormi le plus souvent en pleine nature, parfois en ville sans jamais avoir le sentiment d’insécurité. Il n’y a quasiment pas de campings.
Les restaurants nous accueillent aussi ; nous y avons pris des repas mais sans que ce soit une condition. Le ravitaillement en eau est très facile aux nombreuses fontaines de bord de route.
Par contre, nous ne sommes pas habitués aux ordures déposées en tous lieux.