01-Le Maroc: Prochain départ.
10 septembre 2022
Nous tournons la page des voyages nordiques pour d’autres horizons plus chauds où les courbes des dunes remplaceront les courbes des paysages enneigés.
Vous pouvez retrouver les photos et les récits des voyages précédents dans les onglets « portfolios » et « récits de voyages ».
Nous prévoyons un itinéraire du nord au sud qui passe par le moyen Atlas, la traversée du Haut Atlas plus ou moins rapidement selon le climat avec l’arrivée de l’hiver puis les djebels et les grands ergs du sud. Nous ne nous fixons pas d’objectif de temps et d’itinéraire. L’improvisation, les guides et les road-books de pistes alimenteront notre déambulation au quotidien. Retour en France en décembre. Le Mobilcub restera sur place pour la suite du voyage en 2023.

Rendez-vous fin septembre de l’autre côté de la méditerranée.

02- Maroc. Nous arrivons sur le continent Africain.
Après un petit problème de carrosserie qui nous a immobilisé 2 jours en France, traversée de l’Espagne en un éclair par les autoroutes gratuites, 90% des 1200 km entre Ortez et Algéciras. Traversée du détroit de Gibraltar en moins de temps qu’il faut pour le dire. La douane Espagnole, une formalité. La douane Marocaine en 1.5 h d’attente mais contrôle rapide et bienveillant par les douaniers curieux de visiter le mobilcub. La seule question posée : Avez-vous un drone ? je n’ai pas eu à mentir car je l’ai laissé à la maison.
Nous avons la confirmation que l’importation temporaire du véhicule de 6 mois, est remise à zéro au changement d’année civile et suspendu le temps de la sortie du territoire.
Notre première étape à Chefchaouen, la ville bleue suspendue, que nous avions déjà visité sous la pluie en 2018, maintenant au soleil.




Puis Moulay Idris, une autre ville suspendue, verte celle-ci, la couleur de l’Islam, car c’est une ville sainte et un lieu de pèlerinage. Après avoir arpenté les rues escarpées, nous dégustons notre premier tagine.


03 – MAROC 2022. Le Moyen Atlas et les singes Magot
Avant de rejoindre le Moyen Atlas nous faisons une étape à Bahil au sud de Fes (33° 51.134 N, 04° 52.211 W) un village troglodyte haut en couleur dont la spécialité est le façonnage des boutons aux fils, Alexandrine se montre très curieuse de cette technique

Le Moyen Atlas est connu pour sa forêt de cèdres majestueux. Elle s’étend sur le relief et les hauts plateaux entre 1500 et 1700 m d’altitude.


La sécheresse qui perdure depuis 3 ans sans aucune pluie depuis plus d’un an bouleverse le paysage. Tous les lacs qui d’ordinaire sont en eaux, sont là complètement à sec. Les sols sont à nu, les herbages semblent ne plus pouvoir nourrir les animaux, le spectacle est désolant. Le corolaire est que insectes et avifaune sont complètement absents de ces lacs qui devraient accueillir de nombreuses espèces d’oiseaux.



La forêt de cèdres du Moyen-Atlas est peuplée des singes Magot. Un petit singe très sociable ce qui lui vaut d’être exploitée sans retenue par les vendeurs de pommes et de cacahuètes, sur les parkings, à l’intention des touristes pour faire LE selfie du voyage. Toujours ce fameux selfie qui transforme le touriste en collectionneur de sa propre tronche sur les lieux les plus spectaculaires du monde !!!
Cette action est d’autant plus préjudiciable que cette une espèce est en danger et que les cacahuètes ne font pas partie de leur régime.


Plus au cœur de la forêt des cèdres, Nous avons pu observer des bandes de singes sauvages dans leur vie quotidienne. Les interactions entre les individus, l’épouillage, les jeux des jeunes, l’alimentation… autant de scènes émouvantes.




Les problèmes techniques survenus les 2ème et 3ème jour du voyage commencent à nous poser problèmes. La panne de charge de la batterie auxiliaire réduit fortement notre autonomie électrique. Le voyant qui indique un défaut de l’ABS, s’affichant de manière aléatoire, rend le passage en 4×4 impossible et impacte la sécurité. Dans le sud le 4×4 sera indispensable et nous craignons à chaque instant l’immobilisation du véhicule. De ce fait nous tournons en rond entre Meknes et Rabat en attendant l’ouverture d’un garage Mercedes à Rabat après le jour ferier du lundi 10.
Le seul camping à proximité de Meknes est à une quinzaine de kilomètre, vers Moulay Idris le «camp Zerhoun bellevue» (34° 00.877 N, 05° 33,697W)
Heureusement que l’amabilité et l’hospitalité des Marocains nous met du baume au cœur. Spontanément ils nous souhaitent la bienvenue, nous aborde dans la rue, chef d’entreprise, professeur ou simple passant qui entament la conversation simplement pour le plaisir, sans arrière-pensées mercantiles. Même les commerçants ne sont pas trop pressants avec un mot aimable. « Soyez les bienvenue »


En cette basse saison de nombreux campings sont fermés ou bien n’ont pas résisté à la fermeture due au covid. La plupart des campings indiqués sur OSMAND n’existent plus depuis des années.
Mardi 11 à 9h nous sommes pris en charge par le technicien de Mercedes. Il diagnostique en 10 mn un défaut sur le capteur de la roue ARG. Par chance la pièce est disponible à Casablanca. Elle livrée et montée le mercredi après-midi. Nous reprenons la route sereinement mais le défaut de charge de batterie s’aggrave. Retour au camping le soir au bord de la panne noire, comme notre humeur. Nous sommes obligés de nous brancher au secteur. Notre progression vers le sud n’est pas envisageable, le bivouac sans électricité n’est pas possible, les campings sont rares et le branchement incertain. Nous prenons la douloureuse la décision, après avoir tout tenté, de retourner en France pour se faire dépanner, en espérant de revenir, si c’est possible.
Départ de Rabat jeudi milieu de journée, traversée à Ceuta en soirée, arrivée chez Francine et Lyonel Bouet de CCRSM vendredi soir à Anglet après 1500 km en 1 jour et demi.
Lyonel a fait des recherches de dépanneurs spécialisés et a obtenu un RDV samedi matin !
Les origines potentielles de la panne sont multiples, l’alternateur est mis hors de cause, le chargeur est bien alimenté mais ne délivre pas de courant, la batterie lithium est bel et bien à plat. Nous devons effectuer une recharge maximum à 14.5V durant le week-end et nouveaux tests lundi matin. Les soupçons pèsent de plus en plus vers une défaillance du chargeur 12v.
04-Maroc 2022. Réparation
vidéo, cliquez sur la vignette ci-dessous

Nouveau test lundi matin après une charge complète de la batterie. Confirmation le chargeur 12V VOTRONIC est HS!
Nous en commandons un le jour même.
Les tests semblent indiquer que la batterie aurait perdu 50% de sa puissance. La technique lithium est récente, et les retours sur la durée de vie en situation ne sont pas encore très fiable. Le technicien ne s’engage pas. La notice de la batterie SUPER B donne 5 à 10 ans de durée de vie, la fourchette est large ! Son état de santé réel sera à vérifier à notre retour.
En attendant, balade à Biarritz, et dans les environs, visite de l’Hermione qui est en carénage à Bayonne. Les espoirs sont grands mais le cœur n’y est pas.
Le chargeur arrive le jeudi après-midi, je le monte tout de suite et bonne pioche, la charge se fait.
Nous reprenons la route du Maroc vendredi matin, l’esprit plus libre mais sans certitude sur la cause réelle de cette panne.

Bien arrivé à Algéciras, tous voyants au vert ! nous traversons demain matin pour reprendre le voyage là où nous l’avons laissé : sur la route du Haut Atlas.
Un grand merci à tous, amis et famille, pour vos messages de soutien. Une mention spéciale à Francine et Lyonnel pour leur accueil chaleureux et leur assistance technique. Ils nous ont remonté le moral et aussi la charge de la batterie.
05- MAROC 2022. Le Haut Atlas et les sables du sud.
Nous prenons la route plein sud au plus rapide pour tenter de rattraper le temps perdu.
La traversée du Moyen Atlas au sud de Azrou par la RN13 est somptueuse, la Forêt de Cèdres puis un enchainement de plateaux et de vallées, sont superbes.

Notre première étape est le cirque de Jaffar par la route empierrée RP7318: un beau complexe de vallées convergentes peuplées de troupeaux de moutons. (guide Gandini 1 itinéraire J6)
Puis, nous poursuivons par l’itinéraire du guide Gandini 1, Z4, dans la vallée du ZIZ. Cette ancienne piste est maintenant entièrement revêtue. Comme il n’y a pas de camping alentour nous demandons à l’auberge Palacio par téléphone si nous pouvons être accueillis sur son parking. Pas de problème… si nous pouvons passer le couloir de 2.20 m entre 2 maisons suivi du raidillon à 20% en graviers qui mènent à l’auberge !


Mais de là, quel paysage ! Vue sur le très beau village Berbère Zaouiat Sidi hamza (32° 26.796 N , -04° 43.459 W). Ce village est tellement reculé et pauvre que nous n’aurions pas oser assister au zouk hebdomadaire ni visiter le Ksar, sans l’aide d’un guide local proposé par l’auberge. Le décalage de culture est trop important et ces Berbères très pauvres n’apprécient guère notre présence, sauf quelques femmes très chaleureuses.







Dans ces villages sur les rives de l’oued, chaque famille a sa parcelle de terre irriguée, très fertile. Le travail s’y fait encore couramment à la traction animale.
Route vers Merzouga, par la palmeraie que se niche dans les gorges de l’oued Ziz et le village de Aoufous (RN17), grâce à une petite route parallèle qui permet de circuler à l’intérieur de la palmeraie.

Rissani une petite ville vivante, typique du sud entouré par les nombreux ksars que nous découvrons par la petite route touristique (RP7107).


Sur les conseils de Philippe, un Français qui tient un camping à M’Hamid (esprit désert), nous contactons Hrmad pour nous guider à travers le désert entre Merzouga et Zagora. Nous préférons ne pas nous aventurer seuls avec notre gros véhicule sur des pistes dont nous ne connaissons pas l’état. Hrmad nous confirme que nous n’aurions pas pu faire la traversée de l’oued Gheris en fesh-fesh sur plusieurs kilomètres. Vrai ou faux nous ne le saurons pas.


Nous débutons le circuit par le tour de l’erg Chebbi avec bivouac et vue sur les dunes, puis après le contournement de Rissani par la route nous faisons une grande boucle par la piste vers le sud, avec un nouveau bivouac en plein désert. 200 km de pierrailles, de tôle ondulée et de quelques passages sableux franchis sans avoir à sortir la pelle.




Nous aurons plusieurs fois des visiteurs qui semblent venir de nul part. Hrmad les éconduira fermement.




vidéo, cliquez sur la vignette ci-dessous
06- MAROC 2022. La vallée du Draa et ses Kasbahs
Quelques infos sur notre quotidien. Nous faisons nos courses dans les toutes petites échoppes et les souks, un peu de viande (essentiellement du poulet et un peu de mouton) et beaucoup de légumes (tomates, carottes et pommes de terre, il y a aussi des courgettes que les marocains cuisinent peu).
VIDEO: cliquez sur la vignette ci-dessous
https://youtu.be/6tDr6x9NSzwhttps://youtu.be/6tDr6x9NSzw
Les fruits, du raisin à foison, des clémentines acides mais très parfumées et en ce moment de délicieuses dates fraiches ! Nous goutons toutes sortes de tagines et peu de couscous car en dehors des restaurants touristiques, celui-ci n’est servi que le vendredi ! Pour la lessive… pas de machine à laver dans les campings donc lessive à la main ! mais le linge sèche en quelques instants. Et le plus souvent des campings faiblement occupés dans des décors superbes !
Nous poursuivons notre visite du sud par la vallée du Draa, les anciens villages et les palmeraies qui devraient être alimentés par l’oued… à sec depuis plusieurs années du fait de la sècheresse qui sévit


La vallée compte un grand nombre de Ksour (pluriel de Ksar), villages fortifiés, véritables forteresses parfois, et de kasbahs, grandes maisons où vivent des familles entières. Les plus anciennes sont en ruine, les dernières datant du début 20ème siècles. Elles étaient encore couramment habitées il y a 20 ans et aujourd’hui encore nous voyons des femmes circuler dans les ruelles et entrer dans de modestes habitations. Les hommes eux n’apparaissent pas, sauf aux terrasses des cafés




A noter en particulier, la Kasbah Qaid Ali à quelques kilomètres de Agdz (accès par le camping de la palmeraie, 30° 42.694 N, -06° 26.782 W), construite au début du 20ème siècle. Elle conserve ses décors intérieurs et ses peintures en tadelakt. La kasbah est privée, elle appartient toujours à la même famille, dont le guide, très passionné, est le petit-fils du constructeur de l’édifice.






Le bout du bout de la route du désert, dans cette région, s’arrête en cul de sac à M’hamid. Nous faisons halte au superbe camping « esprit désert » tenu par Philippe un Français, très attentionné, dans un cadre somptueux entre dunes et palmiers. (29° 49.647 N, -05° 40.001 W)

25 ans après notre première randonnée chamelière, nous renouons avec la sensation de la marche dans le désert et du bivouac à la belle étoile, pour 3 jours en randonnées mixte, marche et dos de dromadaires vers les grandes dunes de l’erg de Chegaga à 50 km, organisé par Philippe.

Départ au bout de route à quelques kilomètres à l’ouest de M,Hamid, cap plein ouest. La marche se déroule entre dunettes et zones plates à presque 5 km/h la vitesse de marche des dromadaires. Pose pique-nique après 17 km ! Comme Alexandrine, Thierry poursuit à dos de dromadaires pour les 12 km qui nous séparent du bivouac… mais peut être que la marche aurait été plus facile car le dromadaire nous secoue dans tous les sens et met à mal nos fessiers.


Le lendemain les grandes dunes sont sous nos yeux en milieu de journée et la fin de l’après midi est mis à profit pour profiter des bonnes heures.

Les ondulations des sommets des dunes, les irisations du sable sont de véritables œuvres d’art. La difficulté de la marche est bien récompensée par le spectacle qui nous est offert.

Nous en profitons pleinement car les jours suivants seront moins gais car Thierry est victime d’une bonne d’déshydratation, malgré les précautions prises, qui l’obligera à garder le lit 3 jours au retour au camping. Il mettra une bonne semaine pour récupérer sous prescription médicale et un arsenal de médicaments.
07- MAROC 2022. Au cœur du Haut Atlas.
Nous quittons M’Hamid aux premiers signes d’amélioration de la santé de Thierry pour nous rapprocher de Zagora à 100 km, pourvue en pharmacie. Le lendemain, l’amélioration se confirmant nous décidons de poursuivre notre voyage.
Direction la haute vallée du Dadès.

A nouveau de splendides villages accrochés aux contreforts de la montagne pour ne pas être exposés aux crues de l’oued tout en profitant de l’eau qui permet de produire l’alimentation indispensable. Les cultures sont possibles grâce à un vaste réseau d’irrigation… mais qui s’assèche ces dernières années du fait de manque crucial de pluie. Les habitants de ces villages très reculés sont démunis même si l’électricité parait le plus souvent bien distribué.



Nous constatons aussi la présence d’écoles dans tous les villages, facilement identifiables par leurs couleurs pastelles, avec un ramassage des élèves par minibus. Il semble que la scolarisation soit une priorité des autorités. Malheureusement, des enfants restent encore non scolarisés, livrés à eux même dans la rue et continuent à réclamer bombons et stylos aux touristes !


Après Boulmane Dadès la route RP704 se poursuit un long moment avec quelques trous… jusqu’à Msemsir. Après c’est une piste qui grimpe dans la montage jusqu’à 2800 m en direction du col Tizi-Ouano (31° 57,538 N, -5° 35,615 W) à 2750 m. Le temps se gatte, la fraîcheur est bien présente avec quelques bourrasques chargées de neige. Nous ne traînons donc pas trop au col et redescendons par ce qui s’avère être une belle route toute neuve qui pour l’instant n’est pas utilisée puisque en cul de sac… Retour par les gorges de Torda.


Montée au col Ouano

Le célèbre Ksar Aït ben Haddou, (31°02,707 N, -7° 07,862 W) véritable décor de cinéma au sens propre, se trouve dans un très beau cadre. Il est bien restauré grâce à la participation de UNESCO, mais la fréquentation et les nombreux marchands sont à la hauteur de sa renommée ! Oppressants !

Dans un autre style, nous avons préféré la kasbah de Ouarzazate, certes un peu musée mais très sobre et dans laquelle nous pouvons apprécié la décoration des salles intérieures et des patios.


Les jours suivants nous enchaînons les parcours montagneux et vertigineux du Haut-Atlas.


La belle vallée de l’Ounila ( route RP1506) par Anmiter (31° 16,646 N, -7° 09,028 W)

La vallée de l’oued Zat, par Azgour (31° 20,924 N, -7° 30,050 W), une belle gorge très sauvage, peu fréquentée qui s’ouvre à l’approche de la plaine.

Le bas de la vallée de l’oued Zat
La vallée de l’Ourika (RP2017) dont la fraîcheur lui vaut une grande renommée, vantée par le guide du routard, n’est qu’une succession de restaurants et de marchands de souvenirs sur des kilomètres…à croire qu’il n’y est pas allé ! A éviter !


Le station de ski de Oukaimeden (31° 12,261 N, -7° 51,629 W) permet à 2700 m de profiter des paysages des plus hauts sommets du massif. Nous avons une belle vue sur la chaîne du Toubkal par la route (sans n°) entre Agsarne et Asni.

Aperçu du Toubkal au loin, 4167 m
De toutes ces vallées nous avons préféré la haute vallée du Dadès et la vallée de l’Ounila plus larges plus harmonieuses, sauvages bien que beaucoup habités. Toutes ces petites routes sont maintenant goudronnées même si les trous, l’étroitesse, les gamins ânes et vélos qui surgissent, les virages serrés, réclament de la vigilance.

Culture en terrasse sur la route l’Oukaimeden
Les campings sont ici très rares et nous profitons du fait que certaines auberges mettent à disposition leur parking moyennant une petit contribution de l’ordre de 40 à 50 dh, voire la gratuité si nous prenons le dîner sur place… ce qui nous a permis de goûter parmi les meilleurs tagines et couscous.
Nous traversons le Haut-Atlas du nord au sud par la route RN7 depuis Asni par le Tizi-n-Test. Un très bel itinéraire dans les hautes vallées du Haut-Atlas, mais les 80 km de petites routes de montagne très étroites sont éprouvantes.


La région est la première productrice de « l’or rouge » au Maroc. Il s’achète au gramme mais son parfum est tel que quelques pistils suffisent à embaumer un plat. Le safran est cultivé par les familles sur de petites parcelles bien irriguées dans la vallée du djebel Sioura. Nous le parcourons entre Taliouine, Askououn et Aoulouz.

Culture du safran sur des petites parcelles en bordure du village

Culture en terrasse du safran.



08- MAROC 2022. La côte Atlantique.
Taroudan et ses célèbres remparts de 7 km.

Il est vrai qu’ils sont impressionnants et en très bon état. La grande place, la médina et son souk sont tout aussi intéressants, la ville est très séduisante.
Nous nous dirigeons vers Timsal chez Isabelle et Jean Marc qui tiennent le superbe gîte Forest Kasbah près de Agadir car dans quelques jours nous y remiserons le camping car pendant notre absence entre décembre et notre retour au Maroc en février. Le gîte se situe au milieu des collines et des arganiers. Un très bel endroit et un très beau gîte. 30° 29,169 N, 9° 28,782 W,
contact@gite-forest-kasbah.com
Agadir, ses plages, ses surfers. La cité des Français en villégiature au Maroc. Une ville moderne et cosmopolite où l’on entend parler toutes les langues. Les plages sont effectivement spectaculaires, le temps y est doux, les vagues énormes.

Pour nous c’est aussi son grand souk, immense, clair, propre et un peu plus loin un magasin de réparation de camping car où nous trouvons le tuyau qui nous fait défaut pour réparer une fuite d’eau en cellule. ALLOCAMP 30° 25,027 N, -9° 34,784 W, Bd du 2 mars Agadir.


Alors que nous étions absorbés par le spectacle des vagues, nous sommes abordés par Muriel, une adhérente de CCRSM qui a vu l’autocollant de l’association sur le mobilcub, l’occasion de passer une soirée en bonne compagnie, de parler des voyages passés et à venir. Sur ses bons conseils nous allons déjeuner le lendemain sur la plage de Imoura chez Ibrahim d’excellents produits de la mer.
Après un mois passé dans le Haut Atlas, nous apprécions de changer de cadre pour un horizon plus rectiligne avec une exploration de la côte avec ça et là des sortes de villages de maison faites de bric et de broc de Marocains adeptes de la pêche mais peut-être aussi de quelques familles pauvres.

Parmi ces trouvailles un trou qui ressemble au bout du monde au bout d’une petite route. Le village de Tifnit 30° 12,006 N, -9° 38,533 W une minuscule plage pour surfers, un village lui aussi fait de parpaings en désordres, des barques bleues qui n’ont pas vues l’eau salé depuis longtemps mais qui font le paysage et des restaurants de poissons grillés qui parfument l’atmosphère. Une cocktail bien séduisant mais qui sens aussi la pauvreté derrières les apparences.





Nous faisons étape au camping Tarkat, un modèle de confort et de propreté au Maroc 30° 15,203 N, 9° 35,109 W, en bordure de la réserve de la faune Saharienne de Rokein & Arrouais. L’accès n’est possible qu’avec un guide dont le patron du camping fait parti. Nous découvrons en sa compagnie, les antilopes des régions sahariennes, la Scimitar-horned Orix, l’Addax et la petite gazelle Dorcas. Toutes en danger d’extinction du fait de la chasse et du braconnage.



VIDEO, cliquez sur la vignette ci-dessous
La fin de la première partie du voyage approche, nous prenons la route du ranch équestre des « 2 gazelles » situé sur la côte atlantique au sud de Agadir, que tiennent Mélaine et Antoine depuis 3 mois, de là nous rentrons en France.


La suite est une autre histoire, rendez-vous en février pour une nouvelle saison.
09-Maroc, Mauritanie 2023
Bonjour à tous. Après une pose familiale et festive pour les fêtes de fin d’année, nous poursuivons notre périple.
Départ mercredi pour Agadir. Nous reprenons le mobilcub qui est en garde chez des amis près de Agadir.
Etape chez Mélaine au ranch des 2 gazelles à Mirleft, au sud de Agadir, pour la soirée puis cap au sud vers la Mauritanie par la côte, 1500 km jusqu’à la frontière. Prochaine étape Mauritanienne à Nouadhibou.



FAUX DEPART POUR LA MAURITANIE
Après Nouakchott nous prenons la direction de Atar, tout content de nous libérer des encombrements dantesques de la capitale pour aller voir le meilleur de la Mauritanie en plein désert. 450 km au programme.
A 150 km de Nouakchott la douche froide !
Un message apparait au tableau de bord « défaut système adblue, rendez-vous au garage ». Ça sent mauvais ! Nous avons eu ce message il y a deux ans en France, il en a suivi le remplacement des sondes NOX qui régulent le débit d’adblue. Nous savons que le processus qui mène à l’arrêt de véhicule est enclenché mais dans quel délai… ?
Est-ce que la panne est due au mauvais carburant ? Thierry vérifiait régulièrement le taux de saturation du FAP (filtre à particules) à l’aide du logiciel Maxiecu, pour qu’il reste à des valeurs très basses. Mais cela n’a rien empêché.
La mort dans l’âme nous faisons demi-tour car il est impossible de se faire dépanner en Mauritanie. Direction le Maroc au plus court, la frontière est à 600 km…
Le passage de la frontière est assez rapide (2 heures et demi) sans difficultés à ceci près qu’un policier a tenté de nous racketter, mais nous n’étions pas d’humeur, nous l’avons envoyé se faire voir ainsi qu’un facilitateur un peu collant.
Dans le doute, dès l’arrivée au Maroc, nous faisons le plein de « bon carburant » à 10 ppm, (faible taux de souffre).
A 80 km après la frontière, arrêt à Barbas pour le Bivouac. Un 2ème message plus grave : « défaut système adblue, mode dégradé ». Nous n’avons plus qu’à peine 50% de la puissance, une vitesse limitée à 80 km/h et un nombre de démarrages limité à 16 avant l’arrêt du véhicule. Ça pue mais au moins nous sommes au Maroc. Il est 20h, au lieu de ruminer toute la nuit nous décidons de prendre la route pour traverser le Sahara occidental, 1500 km nous séparent de Agadir.
Les stations sont rares, beaucoup sont fermées la nuit et le vent de face augmente notre consommation. Nous remplissons les 2 jerricans de 20 l pour augmenter l’autonomie de 300 km. La consommation de adblue explose, elle est de 10 fois ce qu’elle doit être normalement (environ 3 l aux 1000 km en temps normal), nos réserves ne suffiront pas et peu de station en disposent. Mais par chance nous en trouvons.
La route est à 2 voies, toute droite, parfois très étroite, très peu de villes, nous croisons surtout des camions. Bien sûr, nous ne coupons pas le moteur aux arrêts.
700 km plus loin, 3ème message : « au prochain démarrage, vitesse limitée à 20 km/h » l’angoisse, en plein désert au milieu de la nuit. Le stress nous maintient éveillés sans effort. Je crains d’avoir le réflexe de couper le contact aux arrêts, même s’ils sont très rares. Les kilomètres passent doucement à 80 km/h, nous craignons aussi que la procédure de sécurité coupe le moteur à tout moment comme ça arrive avec les pannes d’ABS.

Notre objectif est d’arriver chez Melaine, notre fille, près de Tiznit à 100 km au sud de Agadir.
Le jour arrive avec le mauvais temps, il reste 300 km, les villes et villages sont plus fréquents, surtout ne pas s’arrêter aux carrefours et pour clore le périple une crevaison à 100 km de l’arrivée, sous une pluie battante, nous devons regonfler tous les 20 km.
Nous arrivons enfin à bon port après 30 h de conduite non-stop près de 2000 km, une nuit blanche, quelques sandwichs et beaucoup de café.

Nous sommes mercredi, 15h. Un bon repas préparé par Houssine le cuisinier des « 2 Gazelles », douche, sieste, la tension retombe. Nous contactons l’assistance car il ne nous est pas possible de repartir. Le dépannage sur plateau est programmé pour lundi.
Tous les voyageurs ont eu un jour ou l’autre ce type de problème en particulier avec le sprinter Mercedes. Nous devrons trouver des « solutions » pour l’avenir car même en Europe le système Mercedes n’est absolument pas fiable : 2 pannes similaires en 100 000 km plus une panne d’ABS c’est inacceptable.
Quid de la fiabilité légendaire de Mercedes ?

Ce matin 8h, le Mobilcub est chargé sur la petite dépanneuse, en surcharge, direction le garage Mercedes de Agadir, on serre les fesses à chaque virage pendant 1 heure et demi… pas de problème nous dit le chauffeur !
Le diagnostic est rapidement posé : problème d’adblue, cet additif destiné à dépolluer les gaz d’échappement mais qui nous pollue bien la vie. L’adblue acheté au Maroc n’est pas conforme aux normes ou frelaté et sa majesté Mercedes n’en veut pas. Vidange, remplissage, régénération, effacement des messages, c’est reparti, il est 18h. Quant à la crevaison, elle est due à un défaut d’étanchéité de la jante, ce n’est pas réparable! Inshalla.
Nous repartons tranquillement, vers le nord, par la côte, en espérant que la mécanique nous permettra de visiter les sites qui nous restent à voir à l’Ouest.
04 – MAROC 2023, La côte Atlantique.
Nous tentons d’oublier la déception de ne pas pouvoir visiter la Mauritanie en raison de la panne relaté dans l’article précédent en finissant le tour du Maroc par la côte Atlantique.
Première étape à Imsouane. Un port en pleine activité ! Les barques vont et viennent, tirées ou poussées par un tracteur. La criée est bondée, les caisses de poissons fraîchement débarquées passent des bascules aux coffres des voitures. Les restaurants de poissons grillés font le plein, nous trouvons une table avec vue sur les vagues.



La route du bord de mer (RP2201) traverse les collines plantées d’arganiers. Les chèvres s’y régalent des baies et le berger se prête au jeu des photos.




Tafedna, un autre petit port en activité; le tracteur, cette fois, sort les barques de l’eau sur la plage en les soulevant. Le front de maisons face à la mer forme un bel ensemble : Elles ont toutes la même architecture et ont probablement été construites en une seule fois.



Essarouira. LA ville Marocaine bien connue, avec son port très actif. La vente de poissons se fait directement au débarquement, les barques à flot côtoient la flotte des chalutiers. L’architecture de la ville reflète la richesse passée, les encadrements des portes en pierres sculptées en sont les témoins.


Safi, le village des potiers est sans grand intérêt.
La station balnéaire de Loualidia est très chics, mais là encore les barques des pêcheurs sur la plage assurent le spectacle. Poissons et fruits de mer se vendent à profusion.


La route côtière traverse des zones de maraîchages et longe des lagunes où nous avons pu observer un balbuzard pêcheur profitant lui aussi des eaux très poissonneuses de cette côte.
El-Jadida, un bastion Portugais aux remparts que ne renierait pas Vauban.

Casablanca: Au centre ville, le marché central est consacré aux poissons, il est entouré de restaurants fréquentés par les Marocains. De nombreux bâtiments sont construits dans le style « art déco », typiques du début du siècle.
Bien évidemment, nous visitons la somptueuse mosquée Hassan II. C’est la trace d’un souverain qui laisse à la postérité un bâtiment religieux quand d’autres en d’autres lieux ont fait le choix laisser des bâtiments culturels !


Nous faisons une sortie en barque avec un guide ornithologue dans la lagune de la réserve biologique de Merja Zerga près de Moulay Bousselham.




Ce même guide nous permet d’observer, à proximité du village, une colonie de Hibou du Cap. Une espèce endémique rarissime, en grand danger d’extinction. La colonie niche dans un verger d’avocatiers dans une région maraîchère. Le dérangement est quotidien, quel est l’avenir de cette espèce qui n’est répertoriée, au plan mondial, que dans ce secteur du Maroc. Ce sont peut-être les derniers individus. Nous mesurons la chance que nous avons de voir cet oiseau. Les conditions ne sont pas bonnes, mais les photos et vidéos sont là et l’animal est peu farouche.
VIDEO: CLIQUEZ SUR L’IMAGE CI-DESSOUS
Nous recommandons ce guide qui parle Français correctement et qui connaît très bien son milieux. Mansoury El Boukhary 06.63.09.37.94.
Il travail avec une association locale. bateaualmerjane@gmail.com

Ainsi prend fin prématurément notre périple Maroc, Mauritanie. Nous sommes déçus de n’avoir pas pu visiter la Mauritanie comme prévu, mais nous avons bien profité du Maroc depuis octobre 2022.
Comme nous sommes têtus, c’est promis, nous reviendrons dans la région de l’Afrique de l’ouest.

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