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03 – MAURITANIE 2023, La panne, le retour au Maroc

Après Nouakchott nous prenons la direction de Atar, tout content de nous libérer des encombrements dantesques de la capitale pour aller voir le meilleur de la Mauritanie en plein désert. 450 km au programme.

A 150 km de Nouakchott la douche froide !

Un message apparait au tableau de bord « défaut système adblue, rendez-vous au garage ». Ça sent mauvais ! Nous avons eu ce message il y a deux ans en France, il en a suivi le remplacement des sondes NOX qui régulent le débit d’adblue. Nous savons que le processus qui mène à l’arrêt de véhicule est enclenché mais dans quel délai… ?

Est-ce que la panne est due au mauvais carburant ? Thierry vérifiait régulièrement le taux de saturation du FAP (filtre à particules) à l’aide du logiciel Maxiecu, pour qu’il reste à des valeurs très basses. Mais cela n’a rien empêché.

La mort dans l’âme nous faisons demi-tour car il est impossible de se faire dépanner en Mauritanie. Direction le Maroc au plus court, la frontière est à 600 km…

Le passage de la frontière est assez rapide (2 heures et demi) sans difficultés à ceci près qu’un policier a tenté de nous racketter, mais nous n’étions pas d’humeur, nous l’avons envoyé se faire voir ainsi qu’un facilitateur un peu collant. 

Dans le doute, dès l’arrivée au Maroc, nous faisons le plein de « bon carburant » à 10 ppm, (faible taux de souffre).

A 80 km après la frontière, arrêt à Barbas pour le Bivouac. Un 2ème message plus grave : « défaut système adblue, mode dégradé ». Nous n’avons plus qu’à peine 50% de la puissance, une vitesse limitée à 80 km/h et un nombre de démarrages limité à 16 avant l’arrêt du véhicule.  Ça pue mais au moins nous sommes au Maroc. Il est 20h, au lieu de ruminer toute la nuit nous décidons de prendre la route pour traverser le Sahara occidental, 1500 km nous séparent de Agadir.

Les stations sont rares, beaucoup sont fermées la nuit et le vent de face augmente notre consommation. Nous remplissons les 2 jerricans de 20 l pour augmenter l’autonomie de 300 km. La consommation de adblue explose, elle est de 10 fois ce qu’elle doit être normalement (environ 3 l aux 1000 km en temps normal), nos réserves ne suffiront pas et peu de station en disposent. Mais par chance nous en trouvons.

La route est à 2 voies, toute droite, parfois très étroite, très peu de villes, nous croisons surtout des camions. Bien sûr, nous ne coupons pas le moteur aux arrêts.

700 km plus loin, 3ème message : « au prochain démarrage, vitesse limitée à 20 km/h » l’angoisse, en plein désert au milieu de la nuit.  Le stress nous maintient éveillés sans effort. Je crains d’avoir le réflexe de couper le contact aux arrêts, même s’ils sont très rares. Les kilomètres passent doucement à 80 km/h, nous craignons aussi que la procédure de sécurité coupe le moteur à tout moment comme ça arrive avec les pannes d’ABS.

Notre objectif est d’arriver chez Melaine, notre fille, près de Tiznit à 100 km au sud de Agadir.

Le jour arrive avec le mauvais temps, il reste 300 km, les villes et villages sont plus fréquents, surtout ne pas s’arrêter aux carrefours et pour clore le périple une crevaison à 100 km de l’arrivée, sous une pluie battante, nous devons regonfler tous les 20 km.

Nous arrivons enfin à bon port après 30 h de conduite non-stop près de 2000 km, une nuit blanche, quelques sandwichs et beaucoup de café.

Le ranch des 2 gazelles

Nous sommes mercredi, 15h. Un bon repas préparé par Houssine le cuisinier des « 2 Gazelles », douche, sieste, la tension retombe. Nous contactons l’assistance car il ne nous est pas possible de repartir. Le dépannage sur plateau est programmé pour lundi.

Tous les voyageurs ont eu un jour ou l’autre ce type de problème en particulier avec le sprinter Mercedes. Nous devrons trouver des « solutions » pour l’avenir car même en Europe le système Mercedes n’est absolument pas fiable : 2 pannes similaires en 100 000 km plus une panne d’ABS c’est inacceptable.

Quid de la fiabilité légendaire de Mercedes ?

J’aimerai envoyer cette photo à Stuttgart au siège Mercedes. Le Maroc dépanne les dieux de l’automobile.

Ce matin 8h, le Mobilcub est chargé sur la petite dépanneuse, en surcharge, direction le garage Mercedes de Agadir, on serre les fesses à chaque virage pendant 1 heure et demi… pas de problème nous dit le chauffeur !

Le diagnostic est rapidement posé : problème d’adblue, cet additif destiné à dépolluer les gaz d’échappement mais qui nous pollue bien la vie. L’adblue acheté au Maroc n’est pas conforme aux normes ou frelaté et sa majesté Mercedes n’en veut pas. Vidange, remplissage, régénération, effacement des messages, c’est reparti, il est 18h. Quant à la crevaison, elle est due à un défaut d’étanchéité de la jante, ce n’est pas réparable! Inshalla.

Nous repartons tranquillement, vers le nord, par la côte, en espérant que la mécanique nous permettra de visiter les sites qui nous restent à voir à l’Ouest.

A suivre…

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02 – MAURITANIE 2023, Le Banc d’Arguin et Nouakchott.

Entre Nouadhibou et Nouakchott, nous ne pouvons faire l’impasse sur la réserve ornithologique du Banc d’Argain. Sur 150 km de littoral, elle protège des milieux très particuliers avec notamment des hauts fonds très poissonneux, de la mangrove et des oiseaux qui trouvent là une halte migratoire. Si un tel site enchante le touriste, elle contraint les pêcheurs qui ne peuvent utiliser que des barques à voiles romaine appelés Lanches.

Il y a deux points d’accès à la réserve correspondant aux centres d’information, tenus par les gardiens : Un à quelques kilomètres au sud de Charmi au point 20.04231° N, -15.91961° W, et un au sud du site, accessible par une route bitumée (un peu dégradée) qui conduit à Mamghar au point 19.35752° N, -16.50848° W. Pour visiter l’intérieur du parc il faut faire appel aux gardiens, très accueillants, car ils sont les seuls à pouvoir emprunter les pistes et accompagner les rares touristes qui se présentent. Le droit d’accès est de 200 MRU soit 5€ par personne. Le coût du guide est laissé à l’appréciation. Nous avons pu y voir, outre les limicoles habituels, des Pélicans blancs, des Flamands roses, des spatules et des espèces inconnues en France à notre connaissance : l’Aigrette des récifs qui est gris-foncé et la Sterne Caspienne.

Il est possible de stationner pour la nuit devant chacun des points d’accès, ce que nous avons fait.

Pélican blanc
La sterne Caspienne est sensiblement plus grande que la Sterne Pierrgarin
Le crabe violoniste à 1 pince. Il rentre dans le sable à notre approche mais après quelques minutes, il ressort.

Le temps est maussade, depuis que nous sommes en Mauritanie ; nous avons eu du vent fort permanent, un temps couvert et notre à nuit Mamghar, des trombes d’eau. Ce village est établi sur une sorte de plaine, le sol est en terre battue et les rues ne sont pas matérialisées. Le matin du départ, pour quitter l’emplacement du bivouac devant le bâtiment du parc, nous avons dû slalomer sur 2 km entre les larges flaques d’eau et les zones non circulables sur un sol particulièrement glissant.

Le village de pêcheurs de Mamgha est aussi une porte d’accès au parc du banc d’Arguin.

Direction Nouakchott, 250 km au programme, ciel d’orage, dunes de sable mouillé ocre et la végétation qui a bien profité de la pluie abondante de la nuit. Le temps est couvert mais les couleurs sont contrastées.

NOUAKCHOTT

Nouakchott est une ville moderne sans grand charme. La circulation y est dense avec des bouchons inextricables. Les adresses d’auberges acceptant les CC pour la nuit que nous avions notées sont toutes fermées depuis le covid, à l’exception du camping Terjit

A Nouakchott, le camping Terjit donne directement sur la plage, les pêcheurs en barques ne sont pas très loin, un bel emplacement mais cher et le patron n’est pas très aimable. 18.11200° N, -16.02577° W

Sur la plage, le va et vient des pirogues à moteur bat son plein, la pêche se pratique avec une équipe de nuit et une autre de jour. Entre 2 sorties, les pirogues sont remontées sur la plage et le poisson déchargé.

VIDEO, CLIQUEZ SUR L’IMAGE CI-DESSOUS


Au camping, un guide (Ali) nous propose de nous emmener au marché aux dromadaires qui se tient tous les jours à quelques kilomètres de Nouakchott. Des centaines de dromadaires et de négociants ! Ambiance garantie. Nous enchainons avec les marchés traditionnels de la ville.

  • Un guide à recommander : Ali Dialo  n° whatsapp 00 1 513 904 06 10
  •  Marché aux dromadaires 18.02416° N, -15.85213° W
Le drâa, bleu et blanc, est la tenue postée en toute circonstance, assorti du chèche, toute classe d’age confondue.

Fin de l’épisode…

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01 – MAURITANIE 2023, Passage de la frontière, arrivée à Nouadhibou.

Nous récupérons le Mobilcub en gardiennage chez des amis près de Agadir et faisons route vers la Mauritanie, après une soirée chez Melaine et Antoine.

1500 km entre Agadir et la frontière. La route est rectiligne et monotone mais en bon état à l’exception de quelques tronçons au nord. Nous n’avons pas l’esprit à la balade et au bivouac dans la nature, alors nous faisons étape dans les campings obligatoires sur cette côte désolée et assez inhospitalière. Certains sites méritent d’être explorés, nous les gardons pour le retour.

Campings:

Près de TAN-TAN : camping de l’atlantique, correct, 28° 29.650 N, -11° 20.187 W

A BOUJDOUR : camping sahara line, médiocre, grand désordre, mais le seul camping entre Tan Tan et Dakla   26° 07.910 N,  -14° 29.705 W

Près de la frontière Mauritanienne : parking de l’hotel Barbas, gratuit, sanitaire extérieur repoussant.

Frontière Marocaine : nous doublons une trentaine de camions qui attendent leur tour et nous entrons dans le sas, où 5 ou 6 voitures sont fouillées. Un « facilitateur » nous aborde et nous propose pour 10 € de nous assister pour toutes les démarches des 2 douanes. Le fait est que c’est bien complexe pour les non-initiés et nous nous félicitons d’avoir eu recours à un facilitateur. il est très aimable et soucieux que tout se passe bien. Coté marocain, dans un temps record de 1 h nous passons, de bureaux en bureaux y compris le scanner du véhicule. Pour la frontière Mauritanienne, nous changeons de planète pour plonger dans la « vraie Afrique » …Il faut plus de 2 heures de formalités pour obtenir l’assurance (45€) l’importation temporaire de 30 jours  pour le véhicule et une carte sim… le tout pour la modique somme globalisée de 120€. Ça semble cher mais…

Après avoir repris nos esprits, nous pensons nous être fait estourbir de 10 ou 15 € , le prix du service, ne nous plaignons pas. La prochaine fois, pour cette frontière, nous connaitrons le parcours du voyageur.

Et oui, ça roule…

Nouadhibou : Qui disait que les Marocains ont une conduite « spéciale » ?  Premier contact avec la circulation à contre sens, les feux tricolores qui ne sont là que pour faire beau, l’anarchie complète, les véhicules épaves et le mot est faible. Il faudra s’adapter et décoder leur façon de faire, tenir compte des ânes, des camions, des autos à l’arrêt sur la chaussée…

Est-ce que l’âne répond au téléphone ? Le choc des époques.
Ambiance sur le boulevard principal de Nouadhibou.

Ravitaillement : Il n’y a pas de problème pour les fruits et légumes même s’il ne faut pas être trop regardant sur la qualité, mais pour la viande ! les morceaux sont exposés sur des étals branlants, en plein air, bien sûr sans frigo, assaillis par les mouches et posés sur des cartons noirs du sang des jours précédents ! Même pour des mangeurs de viande, l’odeur coupe l’appétit. Pour cette fois, nous ferons sans viande, et pour le poisson même schéma. Temps couvert et venteux 15/20° une petite laine est la bienvenue.

La piste pour accéder à l’extrémité du cap blanc est très ensablée sur certaines parties, nous sommes seuls, poursuivre serait imprudent, nous faisons demi-tour à regret. D’autres sites nous donneront de beaux points de vue.

Les falaises blanches ont données leur nom au cap blanc. Ici au nord est de Nouadhibou.
Depuis Cansado, nous voyons le va et vient des pirogues des pêcheurs sur une mer bien agitée.
Décor peint sur une pirogue.

A Nouadhibou: Camping de la baie du lévrier, tout petit mais en centre-ville, 10€,   20.91574 N, 17.05015 W

Le camping de Cansado est en cours de rénovation, il dépend de l’hôtel voisin, très bel emplacement sur la pointe, accès par les tennis en contrebas. Eau, vidange mais pas de sanitaires. 5€, 20.85138° N, -17.03103° W

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